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La SNPN, gestionnaire de la Réserve naturelle

Depuis 1985, la SNPN est chargée de la gestion de la Réserve naturelle nationale du lac de Grand-Lieu. La SNPN assure la protection du site, la conservation du milieu naturel et des espèces tels que défini par le décret de création de la Réserve naturelle et conformément à un plan de gestion pluriannuel.

Le plan de gestion

Le plan de gestion définit les enjeux de préservation de la Réserve naturelle, les objectifs de gestion à long terme et des plans d’action annuels. Il contient en outre un diagnostic détaillé du patrimoine naturel et des activités socio-économiques du lac de Grand-Lieu.

Conçu sur une période de 10 ans et évalué à mi-parcours, le plan de gestion est validé par arrêté préfectoral, après avis du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN).

Le plan de gestion décline les programmes :

  • de gardiennage,
  • d’entretien des milieux,
  • de gestion et de suivi des espèces et des habitats,
  • d’études et de travaux scientifiques portant sur la faune, la flore et le milieu naturel du lac de Grand-Lieu,
  • de communication, de sensibilisation et de médiation menées avec les acteurs du locaux et participant à l’ancrage territorial de la Réserve naturelle.

L’ensemble des activités fait l’objet d’un rapport annuel, précieux pour l’évaluation du plan de gestion.

La gouvernance

Deux instances, le Comité consultatif de gestion et le Conseil scientifique, accompagnent la SNPN dans la gouvernance de la Réserve naturelle.

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Rapport d’activité 2021

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Rapport d’activité 2019

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Rapport d’activité 2018

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Rapports d’activité de 2021 à 2015

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Les opérations de gardiennage et de gestion

Deux agents de la Réserve sont commissionnés et assermentés pour relever les infractions relatives à la réglementation de la Réserve naturelle ainsi qu’à la législation « faune-flore » (loi de 1976 relative à la protection de la nature).

Des tournées de surveillance, spécifiques ou couplées à des opérations de suivi, sont organisées régulièrement, 2 à 10 fois par semaine en fonction des périodes.

Le personnel de la Réserve naturelle peut être amené à porter secours à toute personne présente sur le lac, qu’elle soit en en règle dans l’exercice de ses fonctions ou en infraction par rapport à l’interdiction d’accès.

Pour rappel, seuls les agents de l’Office Français pour la Biodiversité en mission de police ou de régulation, les pêcheurs professionnels, membres de la Société coopérative des pêcheurs du lac de Grand-lieu, des scientifiques identifiés par le gestionnaire et le gestionnaire lui-même sont autorisés à circuler sur le lac.

Les formations végétales évoluent librement sur près de 4 000 hectares cependant certains secteurs telles que des prairies situées au nord de la Réserve naturelle sont fauchées tardivement.

Un réseau de canaux (douves) assure le développement de la faune aquatique. Il permet en outre au gestionnaire, scientifiques et pêcheurs professionnels de circuler. Ces canaux sont régulièrement légèrement dévasés.

Plusieurs actions de régulation des espèces exotiques envahissantes ou émergentes sont menées afin de limiter leurs impacts sur l’évolution des milieux et espèces. Il est essentiel pour le gestionnaire de pouvoir suivre ces espèces, de limiter leurs effets et d’exercer une veille afin de réagir à l’apparition de nouvelles espèces qui pourraient mettre en danger le patrimoine naturel du site.

Piégeage de ragondins et rats musqués

Mammifères semi-aquatiques introduits en Europe pour leur fourrure et n’ayant aucun prédateur naturel, le Ragondin – Myocastor coypus et dans une moindre mesure le Rat musqué – Ondatra zibethicus ont rapidement colonisé les milieux humides. A Grand-Lieu, ils exercent une pression de prédation forte sur la végétation à Grand-Lieu et contribuent à la disparition de certains grands hélophytes comme le petit Typha – Typha latifolia, le Scirpe lacustre – Schoenoplectus lacustris ou le Trèfle d’eau – Menyanthes trifoliata. Ces deux mammifères participent à la dégradation de la roselière et à la destruction les berges des canaux. Des actions de piégeage sont menées durant les mois d’hivers pour limiter leur population.

Piégeage de sanglier

L’augmentation au cours de la dernière décennie des populations de sangliers Sus scrofa dans la Réserve naturelle tout comme en Pays de la Loire est préoccupante. Ils participent à la dégradation de végétation palustre par piétinement, laboure la terre et impactent la nidification des oiseaux nichant en sol (prédation des œufs). Un plan de maîtrise du sanglier est déployé à l’échelle nationale, décliné dans chaque département et dans la Réserve naturelle (arrêté préfectoral). Dans la Réserve, les sangliers sont piégés durant les mois d’hiver, lorsqu’ils trouvent refuge sur les ilots de roselières flottantes.

Arrachage des foyers problématiques de Jussie et autres espèces exotiques envahissantes

afin d’éviter leur dispersion ou le comblement de certains canaux. Ces interventions sont menées en collaboration avec le Syndicat Grand-Lieu Estuaire.

Ces opérations sont mises œuvre par les salariés de la SNPN et leur partenaires conformément au plan de gestion afin d’assurer la protection de la Réserve naturelle, la conservation des habitats et des espèces.

 

Les programmes scientifiques et de suivis

de la faune, la flore et du milieu

Le lac de Grand-Lieu, joyau naturel classé Réserve naturelle, joue un rôle majeur dans la préservation de la faune et de la flore à une échelle internationale. Les suivis scientifiques menés contribuent à améliorer la connaissance pour assurer un avenir durable à ce site exceptionnel.

Suivis des peuplements d’oiseaux d’eau

La richesse de l’avifaune du lac de Grand-Lieu a été l’un des arguments les plus décisifs dans le processus de classement de la Réserve naturelle. Avec plus de 300 espèces, principalement aquatiques et paludicoles, le site figure parmi les plus prestigieux du pays et joue un rôle déterminant pour la protection de nombreuses espèces à l’échelle européenne.

Le suivi et l’inventaire des populations d’oiseaux selon des protocoles précis sont l’une des principales fonctions de la SNPN en tant que gestionnaire, ce qui se traduit par la publication annuelle des rapports ornithologiques.

Ces suivis visent à bien connaître l’évolution des peuplements et à détecter des changements à moyen/long terme. Il portent sur :

  • Les grands échassiers nicheurs (hérons, aigrettes, spatules, ibis)
  • L’utilisation des prairies humides lors des migrations prénuptiales, pour l’alimentation et la reproduction des oiseaux
  • Le recensement des oiseaux d’eau en migration et hivernage (comptage wetlands international)
  • Le recensement des oiseaux d’eau nicheurs : évaluation de l’évolution et de l’importance du site dans un contexte plus large (rôle majeur du lac pour la reproduction de la Guifette moustac, du Fuligule milouin, de l’Oie cendré… par exemple)
  • Le recensement relatif par échantillonnage ponctuel des oiseaux communs : mené sur la Réserve et en dehors sur la zone humide de Grand-Lieu et son pourtour, il permet de détecter des tendances de moyen-long terme pour des espèces qualifiées parfois de communes et qui sont difficiles à recenser de façon exhaustive
  • Le baguage des passereaux paludicoles en migration post-nuptiale : Grand-Lieu constitue un site de baguage parmi un réseau de sites sur la façade Manche Atlantique en France. Cette opération améliore la connaissance sur le statut et de la biologie de certaines espèces. C’est également le seul moyen pour appréhender l’importance du site pour certains migrateurs (Phragmite des joncs, Phragmite aquatique…).
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Suivi ornithologique 2022

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Suivi ornithologique 2020/2021

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Suivis ornithologiques de 2022 à 2011

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L’avifaune

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Suivi de la zone centrale par photo aérienne

Tous les trois ans, une campagne de photos aériennes est réalisée afin d’apprécier la progression ou le retrait des herbiers flottants et de la « roselière boisée » par rapport à la zone centrale. Ces éléments sont importants pour la bonne compréhension de la trajectoire d’évolution du lac.

La dernière campagne de photos aériennes de la zone centrale étendue à l’ensemble du lac a été réalisée en 2021. Le traitement et l’interprétation de cette campagne font état d’une perte de 5 % des surfaces de nénuphars, de 55 % de la châtaigne d’eau et de 18 % pour le limnanthème. On observe en parallèle en progression de la zone centrale au détriment des roselières et autres de 1,15 % (+ 25 ha).

Suivi spatial de la zone centrale

Autres études récentes

Au-delà de l’herbier de macrophytes flottants, une bonne connaissance des herbiers aquatiques est importante. Ils constituent de bons compétiteurs par rapport aux microphytes (dont les cyanobactéries) et jouent également un rôle (abri, nourriture) pour une faune variée (poisson, oiseaux, insectes…).

Un nouveau protocole de suivi a été mis en place en 2018 sur la flore aquatique et flottante de la zone centrale du lac. Il vise, par échantillonnage, à mieux caractériser son développement et sa répartition.

Une centaine de points d’échantillonnage répartis sur l’ensemble de la zone centrale (RNN + RNR) est échantillonnée en début d’été (juin-juillet) : au râteau pour la flore aquatique (non visible) et à l’aide d’un quadrat d’un m² pour la flore aquatique flottante.

Sur chaque quadrat, le recouvrement (%) est évalué pour chaque espèce. Pour les prospections par râteau, en fonction du nombre de fragments remontés, une évaluation du recouvrement est également réalisée.

Ce suivi est réalisé tous les trois ans et a donc été reproduit en 2021, un peu plus tardivement dans la saison qu’en 2018.

Pour en savoir plus…

La qualité de l’eau est un élément fondamental dans l’évolution du lac de Grand-Lieu et de ses communautés. Le lac reste hypereutrophe du fait des apports en éléments minéraux (phosphore, azote) depuis le bassin versant. Ce phénomène de sur-enrichissement du lac provoque la prolifération de micro-algues. La turbidité qui en résulte limite le développement des herbiers aquatiques, dont le rôle est particulièrement important dans les lacs de faible profondeur.

La SNPN assure depuis 2018 un suivi régulier de l’évolution de différents paramètres physico-chimiques d’une dizaine de stations réparties sur l’ensemble du lac (pH, oxygène, température, transparence au disque de Secchi, turbidité (NTU), concentration en chlorophylle a totale et des cyanobactéries).

Ces suivis ont démarré dans le cadre d’un travail mené depuis 2017/2018 avec l’Université de Rennes 1 / Ecobio / OSUR dans le cadre d’un projet FEDER – Plan Loire Grandeur Nature / Agence de l’Eau et qui s’est achevé en 2020 après 3 années avec une forte pression d’échantillonnage destinées à mieux comprendre le fonctionnement biogéochimique et hydro-sédimentaire du lac.


Les bilans entrée-sortie sur le lac de Grand-Lieu vis-à-vis des nutriments ont été relancés en 2019 et sont en cours d’analyse.

Les formations végétales évoluent librement sur près de 4 000 hectares cependant certains secteurs telles que des prairies situées au nord de la Réserve naturelle sont fauchées tardivement.Un réseau de canaux (douves) participe au développement de certaines espèces (poissons, insectes). Il permet en outre au gestionnaire, scientifiques et pêcheurs professionnels de circuler. Ces canaux sont régulièrement légèrement dévasés.

Méthodologie et les résultats détaillés de cette étude

Suivi de l’entomofaune

Afin d’améliorer la connaissance sur l’entomofaune à l’échelle du lac, les gestionnaires des deux réserves naturelles ont sollicité le Groupe d’Etude des Invertébrés Armoricains (GRETIA) pour coordonner une étude sur les diptères (mouches, syrphes…) et les hyménoptères (guêpes, abeilles, fourmis…).

De mai à septembre 2019, 6 stations ont été équipées de 2 pièges : une tente Malaise et un piège cornet. 5 stations ont été installées afin de prospecter les grands milieux humides caractéristiques du lac et de ses abords (prairie et boisement inondables, saulaie, roselière flottante et vasière) et 1 station a été localisée en milieu intermédiaire dans la partie nord du lac (bordure de prairies et pelouses sableuses inondables, merlon sableux et chênaie).

Après un long travail d’échantillonnage et d’identification, non encore terminé, le GRETIA a publié ses résultats dans un rapport en 2021. Ainsi, 445 taxons ont été identifiés au cours de cette étude, dont 68 taxons considérés par les auteurs comme remarquables car rares voire menacés. Avec pas moins de 10 nouveaux taxons identifiés à l’échelle de la Région, 6 pour le Massif armoricain et 1 pour la France, l’apport de connaissances engendré par cette étude est considérable. Cette étude a en outre mis en évidence, contrairement aux idées reçues, le rôle fondamental de la roselière en tant qu’habitat remarquable pour ces familles d’insectes.

Le gros travail de tri des échantillons, d’identification et les recherches de nouveaux taxons, qu’il reste à mener, nous apporteront certainement leur lot de découvertes intéressantes.

 

Les hyménoptères, diptères, coléoptères

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Rapport entomologique GRETIA 2021

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Rapport entomologique GRETIA 2017

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Les odonates

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Les opérations de suivi des anguilles

Le suivi attentif des anguilles au lac de Grand-Lieu révèle des nuances cruciales dans la recolonisation depuis l’aval. Les petites anguilles jaunes et civelles pigmentées, piègées et triées, signalent un défi potentiel avec un faible taux de montaison en 2021, suggérant des impacts sur la population d’anguilles et l’activité de pêche. Ces études, combinant la gestion de la passe à anguilles et les migrations d’anguilles d’avalaison, éclairent l’importance stratégique du lac dans la préservation de l’espèce

A mi-chemin entre l’opération de suivi et de gestion, le suivi de la passe à anguille pour les petites anguilles jaunes et civelles pigmentées qui recolonisent le lac depuis l’aval permet d’assurer le bon fonctionnement de cette passe et d’avoir un indicateur des remontées d’anguilles sur le lac.

Lors de ce suivi, les anguilles en montaison sont piégées et triées en fonction de leur taille.

En 2021, les individus contrôlés à la passe du vannage de Bouaye sont majoritairement des petites anguilles entre 2,5 et 5 mm de diamètre (86% des individus total et 74% de la masse totale des anguilles contrôlées). Peu de civelles (jeunes anguilles pas ou peu pigmentées) ont été enregistrées à la passe du vannage de Bouaye : 407 individus, soit 6% du total, 7 individus en moyenne par jour suivi seulement. Ce très faible taux de montaison pourrait à moyen terme avoir des répercussions négatives sur la population d’anguille dans le lac et l’activité de pêche.

© LOGRAMI

Deux études majeures ont été menées au cours de ces dernières années sur l’Anguille européenne (Anguilla anguilla) du lac de Grand-Lieu dans sa phase dite argentée – c’est-à-dire prête à migrer en direction de l’océan.

    • L’étude de 2015/2016 et 2016/2017 menée par le Muséum national d’histoire naturelle / Station de biologie Marine de Dinard, le bureau d’étude Fish Pass, le SMIDAP (Syndicat Mixte pour le Développement de la Pêche et de l’aquaculture en Pays de la Loire) avec les pêcheurs professionnels du lac de Grand-Lieu a révélé l’importance particulière du lac pour cette espèce menacée au niveau mondial et les difficultés rencontrées par les anguilles argentées à sortir du lac.

Les résultats mettent en évidence la forte productivité du lac de Grand-Lieu en anguilles dites argentées (200 000 individus argentés en moyenne par an) avec une très forte proportion de mâles. Le taux d’échappement de ces anguilles est cependant faible. Les périodes d’échappement sont très restreintes car dépendantes de la synchronicité entre des conditions environnementales favorables (précipitations, hausse franche des niveaux du lac, lune…) et l’ouverture des vannes de l’ouvrage de Bouaye.

  • Une étude complémentaire de la migration de l’anguille d’avalaison a été mise en œuvre au cours de l’automne-hiver 2019-2020 par télémétrie acoustique sur 80 anguilles argentées équipées d’émetteurs et déploiement d’hydrophones (dispositif d’enregistrement passif) de part et d’autre du vannage afin de mesurer le nombre d’anguilles sortant du lac et vérifier l’intérêt des mesures de gestion du vannage de Bouaye adoptées suite à l’étude précédente.

Ce travail a été permis par la collaboration du gestionnaire avec le Muséum national d’histoire naturelle / Station de biologie Marine de Dinard, les pêcheurs professionnels du Lac de Grand-Lieu, la participation du Syndicat d’Aménagement Hydraulique Sud Loire et le soutien financier de la DREAL des Pays de la Loire et du Syndicat de Bassin Versant de Grand-Lieu.