Connaissance

Une pré-analyse des effets des incendies sur la biodiversité a été menée à partir des données historiques d’observations de faune et flore de l’Agence Régionale de la Biodiversité de la région PACA.

Sur l’ensemble de la Réserve Naturelle Nationale de la Plaine des Maures, 19 501 observations faune et 27 476 observations flore sont disponibles depuis 1950 (source : ARB PACA). Un peu plus de 92 % de la surface totale de la réserve peut être divisée en quatre zones en fonction des deux grands derniers incendies de 1979 et 2021 (sources : DDTM Var).

Analyse des effets des incendies

et la phase de régénération au sein de la Réserve


Observations faune/flore et zones incendies sur la RNN.

La biodiversité en faunistique et floristique a été comparée :

  • avant et après l’incendie de 2021, sur la surface qui n’a été affectée que par cet incendie (depuis 1950)
  • entre les 20 premières années après l’incendie de 1979 et les 20 années suivantes, sur la surface ayant été affectée par l’incendie de 1979 (et éventuellement celui de 2021 également).

Afin de tenir compte des différents niveaux d’effort d’échantillonnage sur une même surface au cours du temps, il est possible d’utiliser des indices statistiques (nombres de Hill) qui estiment la diversité dans le cas théorique où l’échantillonnage des populations serait complet. Pour calculer ces indices, l’information du nombre d’individus observés pour chaque espèce est utilisée.

Il est observé une diminution nette de la diversité (faunistique comme floristique) après le passage de l’incendie de 2021. Suite à l’incendie de 1979, une augmentation de la biodiversité de la faune et de la flore après 20 ans de régénération est relevée. La figure présente ces indices de biodiversité, et ce pour différents “ordres”, c’est-à-dire en prenant plus ou moins en compte les espèces très rares. Les tendances décrites précédemment sont valables quel que soit l’ordre choisi. Il est cependant à noter que ces résultats doivent être pris avec précaution, car ils sont calculés à partir des données d’abondance des espèces. Or les observations rassemblées dans la base de données utilisée ont été collectées par des personnes différentes, de manière opportuniste ou avec des protocoles différents. Pour confirmer l’impact négatif des incendies sur la biodiversité dans la réserve, des données obtenues par un protocole strict sont nécessaires.

Il est également possible de suivre la régénération des forêts de la réserve par le biais des données satellites. L’indice spectral le plus fréquemment utilisé dans ce cas est l’Indice de Végétation par Différence Normalisée (NDVI en anglais). Il permet de mesurer l’activité photosynthétique sur une zone, son déclin après un incendie, et sa croissance pendant la phase de régénération.

A partir des observations des satellites Sentinel-2 de l’Agence Spatiale Européenne, il est possible de calculer plusieurs indices de régénération des différents types de forêts sur la Réserve. Le temps moyen nécessaire pour regagner la moitié de l’activité photosynthétique perdue après un incendie est un bon indicateur de la régénération sur le court terme. Dans ce cas, les forêts de feuillus semblent se régénérer plus rapidement que celles de conifères (pour des forêts “fermées” très denses comme pour des forêts “ouvertes” peu denses). A l’inverse, le cumul du NDVI au cours du temps permet de mieux mesurer la régénération sur le long terme. Pour cet indice également, les forêts de feuillus semblent atteindre des niveaux de régénération plus élevés que les forêts de conifères.

Recherche