Découvrez la Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures

Un écosystème riche aux 30 habitats divers

Une réserve abritant une biodiversité unique harmonisant activités humaines et préservation environnementale.

Une réserve à la biodiversité unique

La pelouse xérophile, professeur d’économie

Un tapis vert et ras, des myriades de fleurs au printemps prospérant entre les dalles rocheuses comme dans le plus accueillant des jardins ? C’est une pelouse xérophile (xeros = sec) qui sait vivre de fort peu. Une once de terre ou de sable déposée par le vent, quelques gouttes de rosée matinale, voilà qui suffit à ces plantes économes. Petits moyens, grands résultats. Car elles abritent une foule d’insectes, garde-manger du lézard ocellé et d’oiseaux qui constitueront eux-mêmes parfois le déjeuner de la buse ou du circaète Jean-le-Blanc. Le piétinement est un risque majeur pour ces milieux fragiles.

Les suberaies, marqueur d’identité

Depuis longtemps exploité par les humains, le chêne liège, tout comme le pin parasol, est un emblème paysager de la plaine des Maures. Résistant au feu, il offre le gîte et le couvert à de nombreuses espèces animales. Une exploitation respectueuse de préconisations environnementales spécifiques permet de maintenir une suberaie en bon état, avec des arbres vigoureux et un écosystème fonctionnel durable.

La Tortue d’Hermann, porte drapeau de la délégation des espèces protégées de la réserve

Espèce très ancienne, elle a survécu aux catastrophes géologiques et aux grandes extinctions. Pourtant, aujourd’hui, au même titre que le lion, l’éléphant ou le rhinocéros, elle est en voie de disparition et fait l’objet du plus haut niveau de protection réglementaire. Urbanisation, fragmentation ou fermeture des espaces naturels, débroussaillement mécanique, écrasement routier, prédation par les chiens, risques sanitaires et génétiques liés au lâcher de tortues captives, prélèvements… sont autant de menaces pour la survie de cette tortue terrestre sauvage.

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Les mares temporaires, fabriques du vivant

Petits points d’eau d’apparence anodine ou simples cuvettes laissées ici et là par la pluie, les mares temporaires sont en réalité un fantastique creuset de vie.

Maternité pour les uns, marché pour les autres, ces mares sont un lieu stratégique où se joue le cycle de la reproduction et la survie de nombreuses espèces. De l’insecte microscopique qui nourrit la larve de libellule, au crapaud qui y pond ses œufs, jusqu’aux oiseaux, tortues et mammifères qui s’y désaltèrent, les mares temporaires sont un maillon essentiel de la biodiversité méditerranéenne, qui nécessite d’être protégé.

Un patrimoine culturel et architectural à préserver

Le chêne liège, une tradition de culture dans le pourtour méditerranéen

Le Chêne liège des massifs cristallins du département du Var représente 45% de la surface subéricole (formations de Chênes lièges) française. Le Chêne liège est une espèce héliophile résistante au passage du feu. L’exploitation du liège a longtemps constitué une richesse locale. Matière première très recherchée, il alimentait des bouchonneries très dynamiques (6 usines recensées à Collobrières au début du XXème siècle), à Vidauban et à Gonfaron où 3000 personnes travaillaient à la filière liège varoise. Aujourd’hui c’est une filière en perte de vitesse, mais les suberaies font encore l’objet d’une attention particulière. C’est le liège de meilleure qualité, le liège dit « femelle », qui est recherché et qui permet de dégager les plus forts bénéfices. A l’inverse, le liège « mâle » jamais prélevé se vend mal et généralement n’est pas exploité par manque de débouchés. Et pourtant, c’est bien en exploitant une première fois le liège mâle qu’est obtenu du liège femelle, garant de produits à plus forte valeur ajoutée. La suberaie de la plaine des Maures est vieille et détériorée. Son mauvais état est dû à l’exploitation passée (levées de liège trop fréquentes et mal conduites), au vol de liège effectués n’importe comment et qui ont donc blessés les arbres, mais aussi aux attaques virulentes du coléoptère Platypus cylindrus. Il existe un risque de fragilisation des Chênes-lièges lorsque la période entre deux levées et inférieure à 15 ans. L’Association Syndicale Libre de Gestion Forestière de la Suberaie Varoise (ASLGFSV) regroupant des propriétaires de suberaies du département tente de relancer la filière avec une entreprise. En 2013 cette société a acheté 30 tonnes de liège issu des suberaies du département, des prévisions à 100 tonnes sont évoquées pour les prochaines années, en exploitant également du liège « rebut » qui jusque-là n’était pas utilisé.

Article : Gérer les forêts de France

Un patrimoine archéologique qui témoigne d’une présence humaine depuis l’époque gallo-romaine

D’après la carte archéologique informatisée départementale qui couvre le pas de temps entre le Paléolithique et le Moyen-Âge et suite au travail d’enquête auprès des services archéologiques départementaux, du Centre Archéologique du Var, des archives départementales complétées par des recherches effectuées auprès de l’ancien musée du territoire de VIDAUBAN

Il s’avère que les sites Gallo-Romains sont présent essentiellement le long des rivières de la plaine des Maures. En plus de la petite station préhistorique du « Pont Romain » à VIDAUBAN (com pers M.Borreani 2012), les vestiges Gallo Romains dans la Réserve (tuiles, jarres, amphores, pièces d’outils comme les contrepoids des presses et pressoirs…), relatent surtout d’activités liées aux habitations rurales ou aux fabriques de tuiles (fours de tuiliers et résidus de tuiles diverses : Tegulae et Imbrices…). L’activité minière du piémont des maures remonterait à l’époque gallo-romaine avec un développement s’intensifiant à la fin du Moyen-Âge. Le grand site Gallo-Romain de Forum Vocconi connu à proximité de la Réserve était situé à proximité du Luc et comportait pendant son développement une population assez importante. Les 9 vestiges connus de villas ou/et de fermes Gallo Romaines présentes dans, ou juste en périphérie de la réserve devaient fonctionner en relation étroite avec Forum Vocconi. Bien que la victoire romaine remonte à 6 125 av JC, la réelle colonisation de la plaine des Maures par les Romains et son développement ont été datés au 1er et 2ème siècle après JC. En plus des vestiges Gallo Romains, des vestiges non plus archéologiques mais historiques intéressants se retrouvent sur la Réserve Naturelle. Un « hameau-ferme » localisé sur le piémont à St Daumas a subsisté jusqu’au milieu du XIIIème siècle. Ce hameau devait être rattaché au « Rocher de Damadiou » situé juste au sud de la Réserve sur la commune du Cannet des Maures. Des meules en Rhyolite ou restes de carrières de meules sur Grès permien comme à VIDAUBAN posent l’hypothèse de fonctionnement de moulins à huile situés près des cours d’eau vers le XVIIème siècle.