Renforcer le lien entre l’humain et la nature : un levier d’action pour préserver la biodiversité et le climat

Photo : Maxime Cauchoix et Gladys Barragan-Jason (license CC-BY-4.0)

Texte : Gladys Barragan-Jason, chercheuse à la Station d’écologie théorique et expérimentale (SETE) de Moulis, CNRS Malgré les accords internationaux en faveur de la préservation de la biodiversité et du climat, l’efficacité des actions menées par les décideurs reste limitée puisque les objectifs de durabilité n’ont pas été atteints. Les grands groupes d’experts internationaux affirment que ces objectifs ne seront pas atteints sans un « changement transformatif » des valeurs comprenant une « prise de conscience du lien entre la lutte contre la crise environnementale et la mise en place de nouvelles normes concernant les relations entre les humains et la nature » (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques – IPBES, 2019 ). Pourquoi les citoyens et les gouvernements ont-ils encore des difficultés à considérer que la santé et le bien-être des humains dépendent de la santé du monde naturel ? Existe-t-il des leviers qui permettraient une meilleure mobilisation ? Renforcer le sentiment d’appartenance à la nature : une stratégie gagnant-gagnant À travers une récente méta-analyse publiée dans Conservation Letters, des chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS, Station d’écologie théorique et expérimentale de Moulis – SETE) ont montré que la connexion humain- nature (CHN) – définie comme le sentiment d’appartenance au monde naturel – constitue un levier qui permet de renforcer le bien-être et l’engagement des citoyens pour la préservation de la biodiversité . Les chercheurs ont réalisés deux méta-analyses : la première, la méta-analyse de 148 études corrélationnelles, révèle que les personnes avec une forte CHN sont plus heureuses et en meilleure santé, et sont également plus enclines à protéger la biodiversité et à lutter contre le changement climatique. La seconde, la méta-analyse de 57 études expérimentales, montre que la CHN augmente après la participation à des interventions comportementales impliquant une exposition à la nature (par exemple : une promenade en forêt) ou après la pratique de la pleine conscience (focaliser son attention sur le moment/environnement présent). À l’inverse, aucun effet n’est observé après des interventions en intérieur visant à améliorer les connaissances sur l’environnement ou sur la biodiversité (cours magistraux, interventions dans les classes). Ainsi, les personnes avec une forte connexion psychologique à la nature ont tendance à davantage préserver la nature et à être en meilleure santé mentale et physique. Cette connexion psychologique est renforcée par le temps passé en contact direct avec la nature ou en se concentrant sur l’instant ou l’environnement présents. Renforcer notre connexion « psychologique » à la nature constitue ainsi un […]

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