Ours des Pyrénées : Il est urgent de désamorcer la bombe génétique !

Alors que les effectifs d’ours bruns dans les Pyrénées semblent en augmentation, une étude récente vient nuancer ce constat. Commandée par Pays de l’Ours – Adet et réalisée par le bureau d’études LDgenX, cette expertise démogénétique met en évidence un risque majeur pour la viabilité de la population : l’érosion de sa diversité génétique.

Une population en croissance… mais fragile

Les résultats sont sans appel. Malgré une progression du nombre d’individus, la population actuelle repose sur une base génétique extrêmement réduite.

En effet, 90 % des ours présents dans les Pyrénées descendent de seulement deux femelles et un mâle.

Cette situation a entraîné une augmentation rapide de la consanguinité, multipliée par trois en l’espace de vingt ans. Les simulations montrent que, sans intervention, ce phénomène pourrait encore s’accentuer dans les décennies à venir.

Or, la consanguinité n’est pas sans conséquence : elle affecte déjà la reproduction et la survie des individus, compromettant à terme la pérennité de l’espèce.

 

Des alertes scientifiques de longue date

Depuis plus de deux décennies, les scientifiques alertent sur la nécessité de renforcer la population d’ours dans les Pyrénées afin d’assurer sa viabilité génétique. Ces recommandations, reposant notamment sur des opérations de lâchers, n’ont pourtant pas été suivies à la hauteur des enjeux.

Cette situation pose la question du respect des engagements de l’État, qui a l’obligation de restaurer une population viable d’ours bruns sur le territoire.

Des mesures concrètes pour agir

Face à cette urgence, Pays de l’Ours – Adet et les associations partenaires formulent plusieurs demandes :

  • le remplacement immédiat des ours disparus du fait d’activités humaines en 2020-2021, conformément aux engagements existants,
  • la création d’un comité scientifique indépendant dédié à la question de l’ours,
  • la mise à l’étude d’un nouveau Plan national d’action intégrant le lâcher d’ours à horizon 2040.

Au-delà des chiffres, cette étude invite à repenser notre manière d’évaluer l’état de conservation d’une espèce. Une population en augmentation ne garantit pas nécessairement sa viabilité à long terme.

 

Dans le cas de l’ours brun des Pyrénées, l’enjeu est désormais clair : il ne s’agit plus seulement de suivre l’évolution des effectifs, mais d’agir pour restaurer une diversité génétique suffisante.

 


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