Offre d’alternance : Chargé·e de mission (volet historique du projet « TRAJAN »)
PRÉSENTATION DE L’ASSOCIATION
La Société nationale de protection de la nature (SNPN) est la doyenne des associations de protection de la nature en France. Fondée le 10 février 1854, elle est reconnue d’utilité publique depuis le 26 février 1855. Elle est une association à caractère scientifique qui se consacre à l’étude et à la protection de la nature, pour permettre aux écosystèmes et aux espèces qui les composent d’exprimer le plus librement possible leurs potentialités adaptatives et évolutives. Elle porte une vision « d’écologie de la réconciliation » pour enrayer l’effondrement de la biodiversité et construire des solutions aux crises écologiques.
Contexte – Projet Trajan
Le projet TrajAn a pour objectif de formaliser et diffuser une démarche interdisciplinaire et rétro-prospective visant à comprendre et à orienter les transformations socio-écologiques des territoires en faveur de la préservation de la biodiversité. Il s’inscrit dans une approche d’ « écologie de la réconciliation », qui considère que la seule sanctuarisation d’habitats spécifiques ne suffit pas à assurer la préservation de la biodiversité et qu’il est essentiel de restaurer les liens entre les humains et la biodiversité, particulièrement dans les milieux anthropisés, ou anthroposystèmes.
L’analyse des relations actuelles à la biodiversité suppose de retracer leurs trajectoires socio-historiques, afin de comprendre comment elles structurent aujourd’hui les représentations et les pratiques des acteurs territoriaux. C’est d’autant plus nécessaire dans un contexte où l’amnésie environnementale intergénérationnelle (Kahn, 2002) joue un rôle majeur dans l’invisibilisation des enjeux de la biodiversité et de l’évolution des territoires. Cette amnésie tend à normaliser les dégradations passées et à réduire la perception des dynamiques de long terme qui influencent notre relation avec la nature.
Le projet se concentre ainsi sur l’analyse des trajectoires des anthroposystèmes, en tenant compte des freins structurels (inerties liées aux pratiques passées) et des marges de transformation. En effet, les évolutions possibles d’un anthroposystème sont en partie contraintes et orientées par ses trajectoires passées, un concept connu sous le nom de « dépendance au chemin » (Goldstein, 2023). Les choix d’aménagement, les pratiques sociales et les formes paysagères héritées génèrent des inerties qui peuvent limiter les bifurcations écologiques, parfois qualifiées de « pièges socio-écologiques » (Boonstra, 2013). Dans cette optique, TrajAn mobilise une démarche rétro-prospective participative pour identifier ces freins et réfléchir avec les acteurs locaux aux opportunités de transformation.
Les leviers de transformations ne se limitent pas uniquement à des aspects matériels ou institutionnels, ils reposent avant tout sur des représentations collectives. C’est pourquoi TrajAn adopte une approche sensible des territoires, où les relations au vivant reposent non seulement sur des connaissances objectives, mais aussi sur des expériences, des mémoires et des attachements.
Ces attachements — qu’ils soient affectifs, symboliques ou pratiques — jouent un rôle central dans la structuration des dispositions à l’engagement. Ils constituent un levier majeur pour réorienter durablement les trajectoires socio-écologiques des territoires.
Dans la première phase du projet, qui se déroulera de 2026 à 2027, l’objectif principal est de soumettre à l’expérience du terrain un protocole de recherche-action pour intégrer les trajectoires des anthroposystèmes dans les prospectives futures des territoires.
Les mares et autres petites zones humides ont été choisies comme terrains d’expérimentation pour cette première phase, Ces milieux constituent un cadre idéal pour étudier les interactions entre sociétés et biodiversité en raison des nombreux usages dont elles ont fait l’objet au cours du temps et ainsi de leur forte dépendance aux évolutions structurelles de la société.
Missions
Dans le cadre du projet TrajAn, l’alternant.e sera principalement impliqué·e dans l’analyse des trajectoires passées des territoires étudiés (Champlan, Lardy, Orgeval). Ses missions consisteront à :
- Concevoir et programmer une méthodologie de recherche : en collaboration avec l’équipe projet et le comité scientifique, élaborer une méthodologie rigoureuse pour collecter et analyser les données historiques sur l’évolution des anthroposystèmes ;
- Créer un corpus documentaire historique à partir de sources variées : archives publiques et privées, cartes anciennes et récentes, mémoire des habitants, médias, cartes postales, peintures des paysages locaux, documents touristiques…
- Documenter les usages anciens : retracer les pratiques humaines liées à la gestion des zones humides dans le passé (agriculture, pêche, gestion des espaces naturels) et comprendre les relations entre les communautés humaines, leurs activités et les zones humides.
- Analyser l’évolution des paysages et des anthroposystèmes : étudier l’évolution géo-historique des petites zones humides dans les 3 sites : leurs emprises, leur accessibilité… et leur gestion au fil du temps, en identifiant les changements majeurs influencés par les pratiques humaines.
- Analyser les jeux d’acteurs historiques : identifier et comprendre les dynamiques sociales, politiques et économiques qui ont influencé la gestion de la biodiversité et des zones humides dans le passé et ce que cela implique pour la gestion actuelle.
- Participer à la restitution des résultats en préparant des documents de synthèse et en organisant des rencontres avec les acteurs locaux pour valoriser les recherches menées.
Profil recherché
Formation :
Master 2 en histoire, spécialisation en histoire environnementale appréciée.
Compétences :
- Connaissances en histoire de l’environnement, notamment en ce qui concerne les paysages et la gestion de la biodiversité.
- Capacité à mener des recherches sur le terrain (recueil de mémoire, identification des sources privées) et en archives.
- Capacité à utiliser des outils de cartographie et analyser quantitativement l’évolution des usages au sols.
- Bonnes capacités rédactionnelles.
- Intérêt et/ou expérience de médiation scientifique (exposition, supports de sensibilisation …)
Savoir-être : Curiosité et rigueur scientifique, sens du contact et de l’écoute, capacité d’organisation.
Conditions :
Rémunération : Selon la grille de rémunération officielle de l’alternance.
- Prise en charge Navigo à 50%,
- Mutuelle employeur prise en charge 100%
- Chèque restaurant (pris en charge à 60%)
- Prise de fonction souhaitée à la rentrée scolaire 2026 ;
- Poste basé à Paris dans le 14e arrondissement ;
- Permis de conduire recommandé pour les déplacements sur les sites des communes étudiées.
Date limite de réception des candidatures fixée au 30 juin 2026 – candidatures examinées au fil de l’eau;
Merci d’envoyer vos candidatures (CV, Lettre de motivation) en précisant en objet « Candidature – TrajAn » à Anaïs Mohamed, Chargée du projet TrajAn – anais.mohamed@snpn.fr
Fichier lié