La régénération des forêts tropicales humides

Site d’Arbocel, en Guyane française, en septembre 2018. Dans cette zone initialement très brûlée, 40 ans après le début de la régénération naturelle, la végétation est encore relativement basse et dense en petites tiges. Photo : Hubert de Foresta

Texte : Hubert de Foresta, chargé de recherche hors classe IRD, administrateur de la SNPN Texte publié initialement dans Le Courrier de la Nature n° 334, septembre-octobre 2022 Dans toute parcelle forestière exploitée puis abandonnée, la végétation, se développant sans intervention, évolue plus ou moins rapidement jusqu’au stade forestier. Dans une étude récente publiée dans la revue Science, des chercheurs ont analysé ce processus de régénération dans le cas des forêts tropicales humides. Des forêts anciennes… Les forêts tropicales humides anciennes sont coupées et converties à d’autres usages du sol depuis de nombreuses années : agriculture dite itinérante (sur brûlis), pâturages pour le bétail, plantations d’arbres (hévéa, palmier à huile, cacaoyer, caféier, etc.) ou de cultures industrielles (soja, manioc, canne à sucre, etc.). La disparition rapide de ces forêts constitue la menace principale pour la biodiversité des régions tropicales, et par extension pour la biodiversité à l’échelle du monde, ces régions étant, de loin, les plus riches en espèces. Dans le système traditionnel d’agriculture sur brûlis, les parcelles cultivées sont abandonnées à la jachère après une ou deux années de culture et sont défrichées à nouveau après quinze à vingt-cinq ans, temps considéré comme nécessaire pour la reconstitution de la fertilité du milieu. Mais il arrive que certaines parcelles soient définitivement abandonnées. Il advient également que des plantations et pâturages soient abandonnés. La forêt reprend alors ses droits, plus ou moins rapidement en fonction notamment de l’environnement immédiat des zones délaissées : lorsque la forêt, source de graines d’espèces pionnières variées, est proche, la régénération est plus rapide que lorsque la forêt est éloignée. … aux forêts secondaires Les forêts qui se développent naturellement sur des parcelles abandonnées sont appelées forêts secondaires. Celles-ci n’ont rien d’anecdotique puisqu’on estime qu’actuellement plus de la moitié des forêts tropicales humides ne sont pas des forêts anciennes mais des forêts secondaires à différents stades de développement. La régénération de ces dernières est étudiée depuis longtemps, mais les nombreuses études publiées sont toutes limitées tant dans l’espace qu’en ce qui concerne les variables étudiées. L’originalité de l’étude « Multidimensional tropical forest recovery » tient d’une part à la prise en compte de nombreux […]

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