La Camargue ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la souveraineté énergétique !
Le 28 mai 2026, quinze organisations nationales de protection de la nature, gestionnaires d’espaces protégés et réseaux d’acteurs environnementaux, dont la Société nationale de protection de la nature (SNPN), ont lancé un appel solennel à l’État pour préserver la Camargue face à la multiplication des projets d’infrastructures menaçant ce territoire d’exception.
Située au cœur du delta du Rhône, la Camargue constitue l’une des plus vastes zones humides d’Europe. Véritable réservoir de biodiversité, elle accueille près de 400 espèces d’oiseaux et bénéficie d’une reconnaissance internationale à travers de nombreux dispositifs de protection : sites Ramsar, Réserve de biosphère UNESCO, réseau Natura 2000, Parc naturel régional, réserves naturelles ou encore Grand Site de France.
Pourtant, ce territoire fait aujourd’hui face à des pressions croissantes. Parmi les projets les plus contestés figure une ligne électrique aérienne à très haute tension (400 kV), destinée à accompagner la réindustrialisation et la décarbonation de la zone industrialo-portuaire de Fos-Berre. Cette infrastructure traverserait la Camargue, la Crau et la Terre d’Argence sur près de 65 kilomètres. D’autres projets énergétiques, routiers ou industriels viennent s’ajouter à cette dynamique, faisant craindre des impacts cumulés importants sur les habitats naturels, les espèces et les équilibres écologiques du territoire.
Les signataires dénoncent également un déficit démocratique. Lors du débat public organisé en 2025 par la Commission nationale du débat public (CNDP), une forte opposition à la ligne aérienne a été exprimée et des solutions alternatives, notamment un tracé enfoui, ont été proposées et soutenues par de nombreux élus et acteurs locaux. Malgré cela, l’État a engagé la procédure de déclaration d’utilité publique du projet en mai 2026.
À travers cet appel, les organisations rappellent que la transition énergétique ne peut se faire au détriment de la transition écologique et que les espaces naturels protégés ne doivent pas devenir des variables d’ajustement des politiques d’aménagement du territoire. Elles demandent notamment l’abandon du projet de ligne aérienne traversant la Camargue et la recherche de solutions alternatives respectueuses des enjeux écologiques du territoire.
Alors que la France célèbre les 50 ans de la loi de protection de la nature de 1976 et les 10 ans de la loi pour la reconquête de la biodiversité, cet appel rappelle l’urgence de concilier transition énergétique, démocratie environnementale et préservation du patrimoine naturel.
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