Étude des chiroptères dans la RNN Grand-Lieu : les résultats sont disponibles !

En 2019, la SNPN a mis en place un protocole d’étude des chauves-souris du lac de Grand-Lieu, dans le cadre du plan de gestion de la Réserve Naturelle Nationale. Ces mammifères sont parmi les animaux les moins bien connus sur le lac en raison de leur mode de vie strictement nocturne et discret.

25 points ont été désignés sur la partie centrale du lac (Réserves Naturelles Nationale et régionale), en plus de 21 points sur le pourtour immédiat du lac. Ces points couvrent les principaux types d’habitats fréquentés par les chiroptères. L’ensemble de ces points sont identifiés sur la carte en image. Chaque point possède un enregistreur autonome programmable qui détecte et enregistre les ultrasons tout au long de la nuit. Cet enregistreur a été installé en 3 temps : août-septembre 2019 et mai-juin 2020 sur la partie centrale, puis août-septembre 2020 sur les zones périphériques.

Après 6 mois d’analyse et 71 nuits d’enregistrement de ces mammifères par l’équipe de la réserve, les résultats sont enfin disponibles. Nous savons, grâce à cette étude, que le lac de Grand-Lieu compte 19 espèces de chauves-souris, dont six nouveaux taxons comme les Murins de Bechstein, à oreilles échancrées et d’Alcathoé, la Noctule de Leisler, la Pipistrelle pygmée (très rare en Loire-Atlantique) et la Grande noctule (première mention départementale pour celle-ci). Ces espèces n’avaient encore jamais été notées sur la réserve à l’aide des détecteurs portatifs habituels.

Cette étude fait ressortir des différences notables entre la partie centrale et les zones périphériques. En effet, si la diversité des espèces est maximale en bordure de zone d’inondation, en particulier à l’interface entre bois riverains et zone humide, on constate que les chauves-souris sont encore plus abondantes sur la zone centrale (eaux libres, herbiers à nénuphars et interface avec les roselières boisées), lieu également privilégié pour leurs activités liées à l’alimentation. C’est notamment le cas pour la Noctule commune, les Pipistrelles commune, de Nathusius et de Kuhl, ainsi que le Murin de Daubenton. Grand-Lieu constitue ainsi un site d’alimentation majeur pour les trois premières espèces, au regard de leur statut de protection et de la représentativité régionale. Les résultats présentés offrent, non seulement une vision intéressante du peuplement chiroptérologique du lac, mais serviront également à un suivi des espèces sur une longue durée (10 ans et plus) grâce à un protocole permettant d’obtenir des données normalisées.

Légende : Temps de présence (% des minutes nocturnes lors desquelles au
moins un chiroptère a été détecté) sur les points échantillonnés.

Focus sur le protocole de l’étude :

Chaque enregistreur recueille les ultrasons de toutes les espèces qu’il entend. Une première analyse permet de recenser les espèces pour chaque tranche d’une minute tout au long de la nuit. La deuxième analyse consiste à noter le nombre d’individus et le nombre de séquences de chasse (accélération du rythme et changement de la structure sonore…). Cela permet d’obtenir un inventaire des espèces doublé d’un indice d’abondance et de comparer les habitats. D’autres sites en France appliquent également ce protocole. Cela permet de comparer les peuplements entre régions.

 

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