Suivi des populations de Sonneur à ventre jaune

Le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) est un petit amphibien de la famille des Bombinatoridae. Cet anoure bénéficie de nombreuses protections à l’échelle européenne et nationale et fait l’objet depuis 2011 d’un Plan national d’action porté par la DREAL Lorraine et ECOTER.

Depuis 2013, la SNPN entreprend un programme de préservation de cette espèce en vallée du Petit Morin. Il s’agit de suivre la population de Sonneur à ventre jaune et donc d’identifier les sites où il se trouve et d’initier des mesures conservatoires de gestion ou de restauration en faveur de l’espèce.

Comment le reconnaître ?

Le Sonneur à ventre jaune peut mesurer jusqu’à 6 cm et peser 15 g. Cet amphibien est très reconnaissable par son ventre jaune orné de taches noires contrastant avec sa face dorsale terne de couleur grise. La disposition de ces taches est unique pour chaque individu. Sa pupille en forme de goutte d’eau renversée ou de Y (certains observateurs évoque même un cœur) est caractéristique de l’espèce.



Observable de jour comme de nuit, il est très discret mais son chant similaire à un petit jappement peut trahir sa présence. Néanmoins sa portée n’est que de quelques mètres, ce qui le rend difficile à détecter.

Ses habitats de prédilection sont les ornières en eau et ensoleillées des massifs forestiers ainsi que les mares prairiales proches de boisements (photos ci-dessous).



Le Sonneur à ventre jaune en Ile-de-France

Depuis les années 1990, le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) a été observé dans deux départements d’Ile-de-France : la Seine-et-Marne et le Val d’Oise. Néanmoins, à l’heure actuelle, la majorité de la population francilienne de Sonneur à ventre jaune se localise dans le nord de la Seine-et-Marne.

Effectivement, en 2008, Olivier Roger découvre la plus grosse population actuelle d’Ile-de-France dans un massif forestier du nord de la Seine-et-Marne à Vendrest. Cette population n’est située qu’à quelques kilomètres des sites d’observation de l’espèce dans l’Aisne. Ce site est aujourd’hui un site Natura 2000 notamment grâce à la présence de cette espèce emblématique.

Par ailleurs, en 1998, Stéphane Rossi découvre des individus de Sonneur à ventre jaune le long de la vallée du Petit Morin. Cette population, peu connue, n’est cependant pas retrouvée systématiquement les années suivantes. En 2010, malgré une étude poussée de la SNPN sur ce secteur aucun individu n’est retrouvé. Néanmoins en 2013, de nouvelles prospections sont lancées par la SNPN et il s’agit cette fois-ci d’un succès ! 67 individus sont observés en vallée du Petit Morin. Cette vallée abrite donc aujourd’hui la deuxième population la plus importante d’Ile-de-France.

Télécharger la plaquette « Le Sonneur à ventre jaune en Ile-de-France »

Suivi de la population en vallée du Petit Morin

Bilan 2016

En 2016, à l’instar de 2015, le programme s’est concentré sur le suivi des populations connues en vallée du Petit Morin et sur la poursuite de la mise en œuvre de mesures conservatoires en faveur de l’espèce. 99 individus ont été contactés, un record depuis quatre ans ! Trois nouveaux sites ont été découverts en 2016 et pour la première fois depuis le début du programme des individus ont été observés sur la rive gauche du Petit Morin.
Ainsi, depuis 2013, 164 sonneurs à ventre jaune ont été recensés, sur six communes et 10 sites de la vallée du Petit Morin.

En 2017

Les actions en faveur du Sonneur à ventre jaune consisteront à perpétuer le suivi des populations de la vallée du Petit Morin ainsi qu’à la mise en œuvre d’actions conservatoires en partenariat avec les acteurs locaux. Les actions de sensibilisation des acteurs, usagers et habitants de la vallée du Petit Morin à l’importance et à la fragilité de l’espèce se poursuivront en partenariat avec les structures locales.

Nouveauté pour cette année :

Depuis 2013, le suivi du sonneur à ventre jaune dans la vallée du Petit Morin faisait l’objet d’un protocole lourd : photographie de la face ventrale (codification de chaque individu), mesure du poids, de la taille (du bout du museau au cloaque), détermination de la classe d’âge et du sexe…

Afin de limiter la manipulation des individus, une nouvelle méthode sera employée lors des prospections de 2017. Les individus observés sur les sites seront capturés momentanément dans un seau, comptabilisés et feront seulement l’objet d’une identification sexuelle afin de déterminer le ratio mâle/femelle sur chaque site. Bien sûr, les preuves de reproduction, telles que les pontes ou les têtards, seront également prises en compte dans l’étude comme les années précédentes.


Nos actions sur le Sonneur à ventre jaune ont été possibles grâce à nos différents partenaires financiers :


Ressources documentaires

« Le sonneur à ventre jaune. Un amphibien en déclin « , par Marie Melin, Le Courrier de la Nature n° 279 (novembre-décembre 2013)

Le Plan national d’actions Sonneur ventre jaune 2011 – 2015

La plaquette « Le Sonneur à ventre jaune en Ile-de-France »