Chers/Chères adhérent(e)s,

Chers/Chères ami(e)s,

Au nom du Conseil d’administration et des équipes de la SNPN, je suis très heureux de vous accueillir à Chaville pour l’Assemblée générale 2019 de notre association.

Je remercie particulièrement notre Trésorière Marie-Odile GRANDCHAMP, qui a obtenu la mise à disposition de cette belle salle de la commune de Chaville. Que la municipalité reçoive également nos remerciements. Marie-Odile GRANDCHAMP a organisé cette journée et notamment l’excursion qui est proposée cet après-midi par l’association « Chaville Environnement ».

Je tiens à vous remercier, tous, pour votre présence, qui témoigne de l’attachement que vous portez à la SNPN, et de l’intérêt que vous manifestez pour ses travaux et son devenir.

Car, même si nous allons évoquer l’année 2018 voire les années précédentes, c’est bien de l’avenir dont il nous faut parler à l’occasion de cette Assemblée générale.

Avenir de la nature tout d’abord car les nouvelles sont alarmantes d’où qu’elles viennent : rapport catastrophique, mais réaliste, de l’IPBES (Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), effondrement de la biomasse des insectes volants, artificialisation des espaces agricoles et naturels, disparition des zones humides, état dégradé des sols et de leur micro-faune, érosion généralisée mais si prévisible de la biodiversité…

Avenir de la SNPN également, dont nous voulons vous parler en toute transparence, tant la seconde partie de l’année 2018 et le début de 2019 furent compliqués.

 

Des difficultés héritées

Ces difficultés de la SNPN ne sont pas nouvelles. Elles s’expriment depuis plus de trente ans sans trouver de solutions pérennes, combinant des causes externes et d’autres internes. D’un côté elles se renforcent depuis quelques années notamment par la contraction sévère et continue des financements publics. De l’autre il nous faut reconnaître que la SNPN n’a pas suffisamment su anticiper les évolutions, ne s’y est pas assez adaptée, et n’a pas su réagir face aux signaux d’alerte.

J’illustrerai ces propos par quelques exemples significatifs.

Tout d’abord il nous faut considérer le nombre d’adhérents, indicateur majeur de vitalité d’une association. Force est de constater que l’on assiste à une lente mais très régulière dégradation de notre recrutement. En 1972, nous rassemblions 8 986 adhérents. Ils n’étaient plus que 5 500 en 1980, 4200 en 1990, 2 900 en 2000, 1899 en 2011. Nous sommes aujourd’hui un peu plus de 2 000. Il en est de même pour les abonnés au Courrier de la Nature, notre pourtant si belle et si intéressante revue. De 8 230 abonnés en 1972, nous sommes passés à 3 300 en 2000. Actuellement nous sommes 1 600. Tout ceci implique des conséquences financières mais aussi d’influence et de représentativité.

Autre exemple, à la fin de l’année 2018, j’ai conduit une délégation d’administrateurs à la rencontre des services du ministère en charge de l’Écologie. À la suite d’échanges cordiaux, promesse nous fut faite d’augmenter de 40 000 € la subvention qui nous est allouée, qui n’avait pas été revue depuis fort longtemps, ce qui nous aurait simplement permis d’équilibrer les programmes concernés. Or nous avons compris au début de l’année 2019 que cette promesse ne pourrait pas être honorée. Loin de moi l’idée d’incriminer les agents du ministère de l’Écologie ! Nous savons tous qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour défendre la nature. Nous constatons leur engagement – leur abnégation oserais-je – tous les jours. D’ailleurs, dans le même temps, nous avons eu confirmation que le budget alloué à la réserve de Camargue serait maintenu, et que celui de la réserve de Grand-Lieu serait augmenté de 15 000 €. Ceci alors même qu’un gel de 15% du budget général des réserves venait d’être décidé au plus haut niveau. Les temps sont difficiles pour la nature et ses protecteurs…

La mise aux normes de notre siège 9 rue Cels dans le 14e est également une parfaite illustration des difficultés dont nous héritons, car c’est un sujet déjà débattu lors des Conseils d’administration, depuis des années. Ainsi, en 2006, un projet envisageait de très importants travaux pour transformer cette maison de ville en bureaux fonctionnels et aux normes. Ce chantier n’ayant pas été réalisé en son temps, le Conseil d’administration vous a proposé l’an dernier le principe de la vente du siège, et vous l’avez accepté. Une promesse de vente pour le seul « Pavillon » a été signée. Comme je m’y étais engagé, nous revenons devant vous pour vous faire valider cette importante décision. Avec votre accord donc, nous transporterons en juillet nos activités dans des bureaux loués au 44 rue d’Alésia, toujours dans le 14e arrondissement de Paris.

Dernier exemple pour illustrer notre situation, il manque depuis trop d’années un projet associatif opérationnel à notre association, permettant de partager ce que l’on est, et ce que l’on veut faire ensemble. Ce constat a été réalisé dès les années 1990. Un audit externe a même été remis à la Direction et au Conseil d’administration en 1994, mais il n’a malheureusement pas eu de suites tangibles, malgré certaines tentatives. Pourtant, une association ne peut vivre sans projet collectif porté par ses membres, ses administrateurs mais aussi par ses salariés. Ce fut un des premiers chantiers que nous avons ouvert en 2017, et qui a débouché lors de la dernière Assemblée générale par l’adoption d’un projet associatif plébiscité par les adhérents, les administrateurs et les salariés, conjointement. Il doit maintenant être développé, mis en œuvre et enrichi de notre enthousiasme.

 

Des choix difficiles

Malheureusement nos difficultés financières et de trésorerie nous ont contraints à nous séparer de trois salariées à l’été 2018. Nous avons également demandé au Directeur général d’assumer les responsabilités liées à sa fonction et nous n’avons pas renouvelé son contrat fin août. D’autres salariés ont choisi de quitter la SNPN en 2017 et en 2018 : ils n’ont été qu’en partie remplacés.

Alors qu’en 2016 le nombre de salariés (ETP) avait été porté à plus de 25, et même à 27 au début de 2017, alors que la situation financière était déjà dégradée, il a été ramené à une vingtaine en 2018, et est désormais en dessous de 20. Cela vous donne une mesure de l’effort réalisé, qui a porté exclusivement sur les activités franciliennes et du siège.

Cela non plus n’est pas nouveau : en 2003 par exemple la direction d’alors avait envisagé un chômage partiel, des licenciements, la vente de biens en Camargue, la diminution des horaires de travail et celle des avantages sociaux. Pour notre part nous avons considéré qu’il fallait absolument préserver les Réserves. Ce sont des écosystèmes exceptionnels comme vous le constaterez cet après-midi lors des conférences prononcées par Anaïs CHEIRON et Jean-Marc GILLIER, nos directeurs. Je tiens à souligner que le travail que nos équipes y accomplissent est remarquable.

Nous avons également choisi de sauvegarder le Courrier de la Nature, qui ne cesse de gagner en qualité tant graphique que rédactionnelle, en maintenant un excellent niveau scientifique. Il nous faut remercier ici Aline DEPRINCE et Iris PETITJEAN, nos secrétaires de rédaction, mais aussi François MOUTOU qui supervise la revue au nom du Conseil d’administration.

Notre implication nationale en faveur des zones humides, reconnue par tous nos partenaires, a été maintenue à travers le Groupe Zones Humides et la revue Zones humides Infos, dont s’occupe Grégoire MACQUERON, mais également par la Fête des Mares coordonnée désormais par Magali BOUTIN. Nos programmes franciliens participent aussi à cette expertise sous la houlette de Maïté PELZER.

En revanche il a fallu suspendre fin 2018 la publication de La Terre & la Vie, faute d’abonnés, et alléger au maximum nos frais de structure.

 

Un engagement fort des administrateurs et des salariés

Face à ces difficultés, nous aurions pu choisir de baisser les bras, et de considérer que la SNPN n’avait plus d’utilité dans le monde actuel. Nous n’avons pas fait ce choix.

Sous la houlette d’Olivier PETIT, notre nouveau responsable administratif et financier, que je remercie pour son investissement quotidien, nous poursuivons la remise en ordre de l’association.

Plus que jamais les administrateurs prennent leur part et s’investissent dans l’association. J’en veux pour indicateurs la fréquence et la fréquentation des réunions du Conseil d’administration : au lieu de trois ou quatre réunions par an, nous en tenons désormais six ou sept. Alors que nous peinions à réunir le quorum, qui est de huit administrateurs, nous sommes désormais en moyenne douze présents, auxquels il convient d’ajouter entre un et trois pouvoirs. Le 6 mai dernier par exemple, sur 23 administrateurs, nous avons été 15 présents ou représentés ; six autres membres ayant pris la peine de s’excuser.

 

Malgré tout, des réalisations et des projets

Malgré ce contexte compliqué, nous commençons à mettre en œuvre les axes définis dans notre nouveau projet associatif.

L’identité graphique de la SNPN a été rénovée, et nous pouvons en remercier Marion KOZAR, notre Responsable communication. Une lettre d’information électronique mensuelle est publiée à destination des adhérents. Nous sommes en train de produire nos nouveaux supports de communication pour les évènements et les festivals : vous les verrez le 1er juin au Parc Floral de Paris pour le lancement de la Fête des Mares ainsi qu’au Blanc (Indre) pour le Festival Chapitre Nature (7-8-9 juin) ou encore dans le Morvan à l’occasion des 16e Rencontres Bourgogne-France-Comté Nature (18 et 19 octobre) dont nous sommes partenaires cette année.

Un nouvel outil de gestion des adhérents et abonnés a été mis en place, avec le soutien de bénévoles. Quelques ajustements sont encore nécessaires – certains d’entre vous l’ont constaté – mais nous progressons dans sa maîtrise et nous avons gagné en réactivité.

Nous travaillons à développer nos prises de positions publiques. Nous intervenons dans les débats et nous collaborons étroitement avec nos amis associatifs et d’autres partenaires. Nous sommes même moteurs sur certains sujets : contestation du projet d’éoliennes géantes en Camargue, interdiction des pesticides néonicotinoïdes ou rapport pour la mission parlementaire sur les zones humides. À chaque fois nous soulignons notre identité d’association scientifique consacrée à l’étude et à la protection de la nature, et nous nous efforçons de peser dans les débats avec une argumentation scientifique solide.

À la fin de l’année 2018, nous avons pu lancer notre projet consistant à anticiper le retour du castor en Ile-de-France, qui est déjà signalé dans Le Parisien.

Vous êtes nombreux à avoir constaté les changements qui ont cours dans notre association, et à vous en féliciter. Certains d’entre vous prennent la peine de nous témoigner leur satisfaction en joignant un message à l’occasion du renouvellement de leur adhésion : qu’ils soient remerciés pour leur soutien et leurs encouragements !

 

Des chantiers importants et nombreux en 2019

Les chantiers qui nous attendent en 2019 sont importants, et nombreux. Outre ceux que je viens de signaler et qui se poursuivent, nous souhaitons en ouvrir d’autres : l’adaptation de nos Statuts, que le Conseil d’administration vous propose d’engager ; la poursuite des réflexions du groupe de travail animé par Jean-Marc PONS, vice-président, sur le nouveau modèle éditorial et économique nécessaire à la relance de La Terre & la Vie ; le développement de la diffusion du Courrier de la Nature ; le renforcement de notre implication contre les pesticides de synthèse. Nous engageons également une réflexion à propos des « Réserves naturelles libres » et plus largement sur la « nature ordinaire ». Vous recevrez d’ailleurs prochainement le numéro spécial 2019 du Courrier de la Nature, qui y est consacré.

Dans toutes ces actions et tous ces projets, actuels et nouveaux, des bénévoles peuvent trouver une place. Ils sont même vivement attendus !

Enfin, pour terminer sur une note positive, nous avons le plaisir de vous annoncer que la SNPN vient d’acquérir deux parcelles contigües à notre belle sapinière de Monistrol-sur-Loire, grâce à vos dons. Ces arbres-là seront sauvés de la tronçonneuse et de la broyeuse, contrairement à d’autres, utilisés dans des centrales thermiques au nom d’une « transition énergétique », ou situés au cœur d’un futur parc national forestier, qui laisse une large place à l’exploitation…

Plus que jamais la SNPN a besoin de votre soutien pour poursuivre ses actions !

Rémi Luglia, président

Chaville, le 18 mai 2019.