Le Courrier de la Nature n°323 juillet – août 2020

8.00 

Repenser nos sociétés suite à la Covid-19.

La pandémie liée au coronavirus met nos sociétés à rude épreuve et nous révèle leur grande vulnérabilité. Nous ne connaissons pas encore sa durée ni son ampleur à l’échelle mondiale. Le deuil des victimes s’accompagne de celui d’une certaine insouciance, que nos sociétés voulaient coûte que coûte voir perdurer, allant de pair avec une course au produit intérieur brut et aux calculs de croissance de l’économie.
Elle appelle à une prise de conscience de la nécessité d’une révision de ce modèle, et vient en écho aux demandes faites par les écologues et la jeune génération, sensibles aux effets du changement climatique et à la dégradation de l’environnement. Il faut repenser nos priorités et nos processus économiques de manière globale, en faveur d’une réduction de nos impacts sur la nature. Nos relations à l’environnement doivent donc être révisées, et il est plus important que jamais de réaffirmer la solidarité comme une valeur fondatrice de nos sociétés, une solidarité qui doit s’étendre non seulement entre les sociétés humaines mais aussi et
surtout avec notre habitat et les communautés naturelles, plantes et animaux.
La Société nationale de protection de la nature a très tôt compris, sur base des recherches et des études que menaient ses membres et la communauté scientifique, que ses objectifs devaient se tourner entièrement vers la préservation des espaces et des espèces. Elle ne cesse depuis de diffuser les informations sur ces sujets, d’alerter sur l’érosion de notre patrimoine naturel et des risques encourus. Il faut aujourd’hui que ces appels à la raison soient entendus.
Pour contribuer aux propositions pour la relance qui aura lieu après la pandémie de Covid-19, la SNPN a initié des réflexions au sein de son conseil d’administration. Ces premiers échanges ont d’ores et déjà identifi é plusieurs axes que la SNPN veillera à défendre : améliorer la protection des espaces et des espèces, valoriser les solutions fondées sur la nature, renforcer le droit de l’environnement et son application, mettre en œuvre une sobriété dans la consommation de biens et d’énergies, renouveler la fiscalité environnementale, recentrer l’agriculture sur les productions locales et respectueuses des équilibres entre nature sauvage et nature cultivée, améliorer l’éducation sur la nature. Toute crise est à l’origine de grands malheurs, mais peut aussi être source d’opportunité de changements. À travers sa présence dans les comités nationaux, la SNPN fait entendre la voix de ses adhérents sur tous ces aspects de la protection de la nature.

Stéphanie Hudin, vice-présidente de la SNPN 


Dans les actualités :

Le paysage français, même dans ses parties les plus « naturelles », est entièrement dirigé par l’humain. Parmi les aménagements, les paysages agricoles de bocage préservent la biodiversité. Entre nature et culture, des associations de protection de la nature appellent à dissoudre la cellule de gendarmerie Déméter, qui vise à punir les actes de dénigrement des agro-industriels. La restauration d’une nature anthropisée passe également par la réacclimatation, notamment celle des ours dans les Pyrénées, dont la situation actuelle reste mitigée. Les suivis des scientifiques s’effectuent également sur des espèces moins mobiles : en Guyane, la connaissance des bivalves d’eau douce ne cesse de s’étoffer. Enfin, les associations préparent le congrès mondial de la nature avec notamment une réflexion sur les aires protégées, et ont remis au ministère chargé de l’environnement un livre blanc pour la biodiversité.

 

Vie de la SNPN


Dossier : Les mangoustes Une famille à la diversité méconnue Par Géraldine Veron, Andrew Paul Jennings, Vivien Louppe, Emmanuel Do Linh San

La famille des mangoustes compte 34 espèces, présentes en Afrique et en Asie dans des habitats très variés, de la savane à la forêt tropicale. De la structure sociale complexe des suricates et des mangues rayées, à la vie solitaire des mangoustes à queue courte, cette famille de petits carnivores réserve bien des surprises.


Dossier : Les oiseaux d’eau en Méditerranée Mesurer leur réponse au changement climatique Par Élie Gaget, Thomas Galewski

En réponse au réchauffement climatique, les oiseaux décalent leur distribution vers les pôles, mais les pressions sur leurs habitats et sur leurs populations freinent leur adaptation. Deux études récentes ont évalué les changements de distribution d’une centaine d’espèces d’oiseaux d’eau hivernant en Méditerranée sur plus de vingt ans. Les mesures de protection des milieux et des espèces semblent être cruciales pour permettre leur survie et leur adaptation.


Point de vue : Devenirs de la nature Divers scénarios face à la crise écologique Par Denis Couvet, Frédéric Ducarme


L’art et la nature Selon Valentine Plessy et Amand Dubois 


A lire 

Description

Dressé en posture de sentinelle, le suricate a l’honneur de la couverture de ce numéro du Courrier de la Nature. Il appartient à la famille des mangoustes, qui comprend bien d’autres espèces souvent méconnues que ce numéro propose de découvrir. Le second dossier présente les évolutions de la distribution des populations d’oiseaux d’eau, en Méditerranée, forcées de s’adapter au changement climatique. Plus globalement, quels sont les devenirs de la nature face à la crise écologique ? Le « point de vue » de ce numéro détaille les différents scénarios. On retrouvera également des actualités nationales et internationales, les actions de la SNPN, le courrier des lecteurs, les conseils de lecture et une respiration artistique.

Informations complémentaires

Poids 160 g