[CONF] La conservation de la nature ordinaire : un nouvel impératif pour le droit de l’environnement ?

La conservation de la nature ordinaire : un nouvel impératif pour le droit de l’environnement ?

Par Aline Treillard, doctorante en droit de l’environnement à l’Université de Limoges

Les espèces abondantes, largement distribuées ou occupant une large gamme d’habitats ont longtemps été écartées des politiques environnementales. La multiplication des études sur l’étendue de la disparition des espèces communes a progressivement remis en cause cette trajectoire à la fois scientifique, politique et juridique. Aujourd’hui, on sait désormais avec certitude que l’ensemble de la diversité biologique est directement menacé par l’ampleur des activités humaines. Cette menace a d’ailleurs été chiffrée puisque les scientifiques estiment que le rythme d’extinction actuel des espèces animales et végétales serait 1000 fois plus élevé que le rythme d’extinction naturel. Longtemps mis de côté, cet état des lieux alerte désormais l’ensemble de la communauté scientifique qui s’est ainsi affranchie du paradigme de la rareté, pourtant prédominant dans les sciences de la conservation.

Depuis quelques années, les sciences humaines se font l’écho de ce changement de paradigme. Elles se sont elles aussi intéressées à toute la variété d’espèces vivantes, et non plus seulement aux espèces élues pour leur richesse spécifique ou leur rareté. Sur le plan juridique, la Convention sur la diversité biologique signée à Rio de Janeiro en 1992 en est la principale illustration. Elle est le premier instrument juridique international contraignant à indiquer que la conservation de la diversité biologique est une « préoccupation commune à l’humanité ».  Avec elle, les États ont formulé un impératif en faveur de la conservation des écosystèmes et, de manière indirecte, des sociosystèmes. Cependant, cet impératif est-il à la portée du droit de l’environnement ? Tandis que près de vingt ans nous sépare de l’entrée en vigueur de la Convention, on se demandera dans quelles mesures le droit français offrent des garanties satisfaisantes pour la conservation de la nature ordinaire particulièrement indiquée pour lutter contre la 6e extinction de masse de la diversité biologique.

 

L’association fédératrice Bourgogne-Franche-Comté Nature, le laboratoire de recherche Biogéosciences de l’Université de Bourgogne-Franche-Comté, la Société Nationale de Protection de la Nature, l’Institut national de la recherche agronomique de Dijon et l’Agence française pour la biodiversité s’associent pour organiser des rencontres sur la thématique « 6e extinction des espèces. Et maintenant ? » les 18 & 19 octobre 2019, à la maison du Parc du Morvan (58230 Saint-Brisson).

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