COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA SNPN SUR LA PROTECTION DE L'ÉLÉPHANT |
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L'éléphant d'Afrique et la tortue cubaine sacrifiés par la France ? Des matières premières, ou des monnaies d'échange ? La France ne semble malheureusement pas considérer autrement l'éléphant d'Afrique et la tortue cubaine. Car le statut biologique de ces animaux n'a pas été pris en compte dans les décisions gouvernementales qui viennent d'intervenir pour la prochaine CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées), qui se tiendra à Nairobi (Kenya), du 10 au 20 avril prochain. Un arbitrage
interministériel a fixé les positions
officielles : L'éléphant d'Afrique est soumis à une recrudescence confirmée du braconnage depuis l'autorisation donnée à trois pays d'Afrique australe (Namibie, Zimbabwe et Botswana), lors de la précédente CITES (1997), de vendre des stocks d'ivoire. Ces mêmes pays, auxquels se joint maintenant l'Afrique du Sud, ont déposé à nouveau des demandes pour fournir le marché japonais. Si ces demandes devaient être honorées, on peut craindre une nouvelle détérioration du statut de l'éléphant, d'autant que les systèmes de suivi du commerce et du braconnage ne seront pas opérationnels avant au moins six ans et certainement davantage. La position de la France est d'autant plus choquante qu'elle n'a fait l'objet d'aucune concertation avec les pays de l'aire de répartition de l'espèce, notamment ceux d'Afrique francophone qui ont constamment exprimé leur opposition au commerce de l'ivoire. S'agissant de la tortue imbriquée, beaucoup d'incertitudes demeurent sur sa biologie, mais on sait au moins qu'elle est migratrice... et qu'elle appartient à la zone des Caraïbes dans son ensemble, plutôt qu'à un pays pris isolément. On peut penser aussi que l'ouverture de ce commerce ne fera qu'attiser les convoitises, et favoriser le braconnage de cette tortue. Ni l'ivoire d'éléphant ni l'écaille de tortue ne sont indispensables. De nombreux substituts existent. Alors pourquoi vouloir exploiter des espèces qui ont déjà le plus grand mal à survivre face aux pressions humaines ? Que signifient les grands discours sur la biodiversité, quand sonne l'heure du choix ? Faut-il sacrifier des animaux vulnérables sur l'autel de la diplomatie et du commerce ? L'éléphant d'Afrique et la tortue "cubaine" ont droit, eux aussi, à l'existence.
Paris, le 28 mars 2000 Contacts : Pierre Pfeffer, Alain Zecchini
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