Communiqué de presse de la SNPN du 29/07/2002

CHASSE AUX OISEAUX D'EAU ET AUX MIGRATEURS
LE GOUVERNEMENT RELANCE LE CONFLIT : LA SNPN REPREND L'OFFENSIVE

Les arrêtés du 18 juillet 2002, publiés au J.O. du 23 juillet, allongent de près de deux mois la période de chasse aux oiseaux d'eau et aux oiseaux migrateurs. Ils ouvrent la chasse au début du mois d'août, à un moment où beaucoup de jeunes ne sont pas encore capables de voler et de s'alimenter seuls; ils la maintiennent ouverte en février, à une époque où nombre de couples reproducteurs sont en train de se former ou ont commencé à se reproduire.

Même si des dates différentes sont prévues selon les diverses espèces, la chasse, à partir du moment où elle se pratique dans un milieu donné, dérange et stresse tous les animaux qui s'y trouvent, à une saison où, particulièrement vulnérables, ils ont spécialement besoin de tranquillité. A cela s'ajoute la difficulté de distinguer du premier coup d'oeil des espèces voisines, difficulté insurmontable pour beaucoup trop de chasseurs.

Ainsi, autoriser la chasse en période de reproduction porte atteinte à la bonne conservation des populations d'oiseaux, est contraire à l'éthique même de la chasse, et viole les conventions internationales et les règles qui forment le droit européen.

La Société nationale de protection de la nature (SNPN) attaque donc ces arrêtés devant les tribunaux compétents.

Elle tient à rappeler que les éléments scientifiques relatifs à la reproduction de ces oiseaux devraient conduire à ne pas ouvrir cette chasse avant le début du mois d'octobre et à la fermer au plus tard le 31 décembre. Ce n'est que dans un souci de conciliation que les protecteurs de la nature avaient admis une ouverture un mois plus tôt, à savoir le premier septembre et une fermeture un mois plus tard, soit le 31 janvier. En revenant sur ce compromis, pour complaire à la fraction la plus obscurantiste et extrémiste des chasseurs, le gouvernement relance un conflit ancien qu'on aurait pu croire en voie d'apaisement. Il commet ainsi une grave faute.

Il ne peut ignorer qu'il sera une fois de plus condamné par la justice nationale et internationale, et qu'il ternit l'image de la France auprès de ses partenaires européens.

Pour sa part, en attaquant ces arrêtés la SNPN continue de lutter pour conserver une faune riche et variée dans une nature intacte, afin de transmettre aux générations futures un patrimoine naturel indispensable à la survie de l'espèce humaine et à l'équilibre des femmes et des hommes qui la composent.

Contact : Yves Gutmann-Lajeunesse, SNPN

 
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