Protection des milieux |
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Le massif forestier de Fontainebleau constitue l'un des derniers lambeaux subsistant de l'immense forêt feuillue hercynienne qui couvrait, au début de notre ère, l'ensemble de l'Europe atlantique et centrale. Il occupe environ 25000 hectares, dont 18000 hectares constituent la forêt domaniale, qui présente un périmètre d'une centaine de kilomètres. Le chêne sessile (44 %) représente l'espèce arborescente dominante, suivie du pin sylvestre (41 %), dont l'extension a été largement le fait des forestiers, et du hêtre (10 %). La diversité géologique n'a
d'égale que celle des habitats. Certes les milieux
forestiers constituent l'essentiel de la superficie du
massif, mais on y rencontre aussi d'autres biotopes
terrestres, en particulier des sablières, des chaos
rocheux, des plateaux gréseux dénudés,
ainsi qu'une grande variété de biotopes
aquatiques, en particulier des mares de platière. Ces
derniers présentent tout autant que les habitats
terrestres une grande biodiversité tant en ce
qui concerne leurs peuplements végétaux
qu'animaux. Malgré l'extraordinaire ensemble vivant que constitue en définitive le massif forestier de Fontainebleau, ce dernier n'a jusqu'à présent bénéficié que d'une protection très réduite. On dénombre de nos jours en tout et pour tout 150 hectares de réserves naturelles intégrales et une douzaine de réserves « dirigées » dont la surface cumulée est de 317 hectares, soit à peine au total 2 % de la surface du massif. Malgré une première initiative de protection de l'ensemble du massif prise à la veille de la 1ère guerre mondiale, où avait été envisagée sa transformation en Parc National, rien n'a été fait de concret en ce sens jusqu'à présent. L'Alliance Mondiale pour la Nature (UICN) y fut créé en 1948, son anniversaire a été célébré en 1998 en grande pompe par les politiques au pouvoir sans que la moindre initiative de mise en réserve substantielle n'ait été annoncée à cette occasion. En 1983, lors de l'un de ses conseils, la SNPN
a évoqué à nouveau la
problématique d'en faire un Parc National, notre
association demandant alors que soient créés
en France, dans le domaine atlantique, deux grands Parcs
Nationaux destinés à protéger des
forêts de feuillues de plaine. Enfin, le rôle culturel et artistique qu'a joué ce massif constitue un autre argument pour sa transformation en Parc National. Faut-il souligner que les peintres de l'Ecole de Barbizon, soutenus par plusieurs intellectuels et naturalistes de l'époque, ont été à l'origine de la création des premières réserves forestières des temps modernes de notre pays en 1853, lesquelles couvraient alors 600 hectares étendues en 1861 à 1097 hectares sous le terme de « réserves artistiques » ? Dans le contexte d'une extension incessante de
la dégradation de la nature propre à
l'époque contemporaine, la transformation en Parc
National de la forêt de Fontainebleau apparaît
comme l'ultime chance de conserver pour les
générations futures un exceptionnel ensemble
vivant et un patrimoine culturel et historique unique qui en
ferait aussi un candidat de tout premier plan pour son
inscription à la convention de l'héritage
mondial de l'UNESCO. |
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A cette grande originalité des milieux naturels, reconnus d'intérêt communautaire, répond une exceptionnelle diversité d'espèces rares, que la France s'est engagée à protéger en application de textes nationaux, et internationaux (Convention de Berne, directive "oiseaux", directive "habitats") : 108 espèces d'oiseaux, 43 espèces végétales, plusieurs insectes, 23 mammifères, 23 amphibiens et reptiles, au nombre desquels la tortue d'Hermann qui trouve là un de ses derniers refuges en Europe. Les actions menées pour la défense de ce site par la SNPN et les associations groupées au sein du Collectif pour la Plaine des Maures, sous la forme de pressions exercées sur le Conseil de l'Europe et sur les instances régionales et nationales, ont permis d'éviter de justesse en 1995 l'implantation d'un centre d'essais Michelin au cur de la Plaine (900 ha), et ont entrainé la mise en place par L'Etat d'un projet d'intérêt général (PIG) de protection de la Plaine, qui exige des communes la mise en conformité de leurs plans d'occupation des sols. Malheureusement, le PIG ne s'est pas attaqué aux principales menaces et ne prévoit aucune mesure globale de protection. Il laisse le champ libre aux responsables d'un défrichement illicite et d'un aménagement d'un golf de 62 ha dans le bois de Bouis (commune de Vidauban). Dapuis 1996, la SNPN et le Collectif intentent recours pénal, civil et administratifs à l'encontre des promoteurs et de la municipalité afin d'obtenir la remise en état des lieux. |
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Les mesures à prendre pour atteindre cet objectif s'articulent autour de deux axes : d'une part, la conservation de différents habitats naturels (annexe I) et d'autre part la protection accordée aux habitats de certaines espèces de la faune et de la flore dont l'état de conservation est jugé alarmant (annexe II), dans le cadre d'un développement durable. Ces zones ainsi désignées (Zones Spéciales de Conservation, ZSC) avec les zones désignées au titre de la Directive Oiseaux (Zones de Protection Spéciale, ZPS) constitueront au niveau européen, le réseau Natura 2000. Pour la constitution de ce réseau, chaque état membre dresse un inventaire (1992-1995) basé sur l'établissement d'une liste des sites abritant les habitats ou les espèces figurant aux annexes I et II de la Directive. A partir des listes nationales, la Commission établit la liste des sites d'importance communautair que les états membres sont tenus de désigner en ZSC (1995-1998). Chaque état membre doit alors définir le périmètre définitif du site et son plan de gestion (document d'objectifs en France), avant son incorporation au réseau Natura 2000 (1998-2004). L'inventaire a fait apparaître la richesse de notre pays (1635 sites inventoriés représentant près de 15% du territoire). Mais sous l'action du groupe des 9 (chasseurs, pêcheurs, forrestiers, agriculteurs), l'application de la Directive Habitats va être gelée en france dans un premier temps, puis débloquée. A ce jour, 535 sites seulement ont été transmis à la Commission, représentant 1,6% du territoire. L'action de la SNPN s'est située d'une part au niveau français : prise en compte de l'inventaire, débloquage de l'application, informations, réunions de concertation et d'autre part au niveau européen : rencontre avec la commissaire européenne madame Rit Bjerregaard, rapport analysant la première liste transmise par la France, plainte devant la Commission contre la France pour non application de la directive |
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