La Guadeloupe : une île tropicale d'un intérêt écologique exceptionnel

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La forêt tropicale
du parc national de la Guadeloupe


Iguane
(réserve naturelle de l'île de Petite Terre)


Le récif corallien de Grande Saline

L'archipel de la Guadeloupe comporte, outre l'île principale -en réalité composée de deux îles jumelles contigues, la Grande terre et la Basse terre- l'île de Marie-Galante, le microarchipel des Saintes, l'île de la Désirade ainsi que les deux îlets de Petite Terre.

Ce département présente la plus grande densité d'aires protégées des DOM-TOM, avec en particulier le parc national de la Guadeloupe couvrant plus de 15.000 ha qui est la seule aire protégée de ce type extérieure à la France Métropolitaine. Ce parc national abrite la plus vaste forêt pluvieuse tropicale de toutes les Petites Antilles bénéficiant d'un statut de Protection. La Guadeloupe possède en outre plusieurs réserves naturelles. Celle du Grand Cul de Sac marin, sur les rives Nord de l' île principale, protège le plus vaste récif coralien de toutes les Petites Antilles. La réserve naturelle de Petite terre, créée en 1998, protège la plus grande population mondiale de l' Iguane des Antilles, espèce pouvant dépasser 1,7 m de long et dont 95 % de la population totale relictuelle vit dans l'archipel de Guadeloupe. Enfin, une réserve naturelle marine est en cours de création autour des îlets à Pigeon dans l'ouest de Basse terre à Malendure près de Pointe Noire. Il y croît un récif corallien dans lequel furent autrefois tournées plusieurs scènes du film de Cousteau « Le monde du silence ».

Depuis sa découverte par Christophe Colomb en 1493, malgré l'extinction de plusieurs espèces d'oiseaux endémiques et de mammifères spectaculaires dont le phoque moine des Caraïbes, la Guadeloupe a conservé une biodiversité exceptionnelle même à l'échelle néotropicale. Dans les forêts du parc national existent sur environ 9000 ha plus de 300 espèces d'arbres ....alors que l'Europe, sur plus de 10 millions de km2, ne compte qu'environ 130 espèces d'arbres autochtones !

Certaines familles de plantes néotropicales, comme les Héliconiacées aux hampes florales spectaculaires, abondent dans le sous-bois de ses forêts, ainsi que de nombreuses Cyclantacées, famille néotropicales d'arbustes (et aussi d'épiphytes) proche des Palmacées - le nombre considérable d'épiphytes compte également de nombreuses Aracées et Orchidées. Parmi les arbres émergents de ces forêts pluvieuses tropicales, on rencontre diverses espèces d'Elaecarpacées du genre Sloanea pourvues d'impressionnants troncs à contreforts. Dans cette famille propre tant à l'ancien qu'au nouveau monde tropical, de nombreux taxa sont en danger.


Heliconia caribaea

Phyllodendron giganteum

Tronc de Sloanea

Heliconia rostrata

Dans le Nord-Ouest du parc national croît une forêt tropophile inféodée à des biotopes exposés à un fort déficit de précipitation pendant la saison sèche. Celle-ci est le lieu de prédilection du pic de la Guadeloupe, endémique de cette île, Melanerpes herminieri. De façon plus générale l'avifaune, aujourd'hui encore relativement bien conservée, comporte aussi diverses espèces néotropicales dont trois de Colibri assez communs dans les clairières mais aussi dans les parcs et les jardins d'ornement.

D'importants vestiges précolombiens sont aussi présents en Guadeloupe qui renferme le plus grand nombre de pétroglyphes de toutes les petites Antilles, remontant à l'époque des indiens Arawaks et (ou) Caraïbes. On pourra faire à ce sujet la visite du Parc des Pierres Gravées à Trois rivières (près de la ville de Basse-Terre) dans lequel existe aussi un intéressant arboretum qui abrite de nombreuses espèces aviennes qui profitent du statut de protection. Au plan botanique on trouve aussi un autre arboretum intéressant à Basse Terre dans le Parc entourant le bâtiment de l'ONF.

Les récifs coralliens présentent un richesse et une biodiversité tout aussi spectaculaire que celle des communautés propres aux habitats terrestres, avec une grande abondance de gorgones et autres Octocaralliaires caractéristiques des récifs néotropicaux.


La plage et le récif corallien frangeant
(réserve naturelle de Petite Terre)

Lagon de la réserve de Petite Terre

En conséquence, les participants à ce colloque et à l'AG de la SNPN pourront mettre utilement à profit leur séjour dans ce DOM pour prendre connaissance de ces peuplements végétaux et animaux d'un intérêt écologique exceptionnel, que tout naturaliste appréciera d'avoir au moins une fois observé au cours de sa vie.

François RAMADE

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