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Le Courrier de la Nature n°258
- Janvier - Février 2011

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Photo Kurita Kaku/TEPCO/GAMMA / Arrivée du tsunami sur le site de stockage de déchets radioactifs solides de Fukushima Dai-chi.
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Sommaire

Editorial
Echos-Actualité :

- Liste rouge de l’UICN des espèces d’oiseaux menacées en France métropolitaine
- La LPO décerne un « Macareux d’Or » à deux scientifiques
- La femelle ours ne sera pas réintroduite dans le Béarn
- Le lucane cerf-volant centre de l’opération « En quête d’insectes » lancée par l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE)
- Grand hamster : la France est condamnée par la Cour de justice européenne
- Mobilisation en Haute-Normandie en faveur des hirondelles
- Les milans royaux menacés en France
- Pollution marine par les déchets du tsunami
- Un programme d’études des oiseaux marins sur la zone Atlantique
- Vers une agriculture plus économe en eau
- Un répit dans la pêche aux esturgeons
- Restauration d’un ancien site minier : le parc des Ardoisières


Vie de la SNPN

- Assemblée générale 2011


- La catastrophe de Fukushima : quelles sont ses causes et ses conséquences radioécologiques ? par François Ramade


Tribune libre
- Après Fukushima, par Michel Echaubard


Les mares et la loi


Agenda
Les rendez-vous nature de la SNPN
Bibliographie
Lexique


Editorial

Le mythe de la bonne énergie

Le rapprochement des contributions respectives de François Ramade et de Michel Echaubard à propos de Fukushima montre, s’il en était besoin, qu’aucune énergie n’est innocente à l’égard de la nature. Il est des sources très « impactantes », très dangereuses parfois, comme le charbon, le pétrole ou le nucléaire, et encore n’a-t-on évoqué, pour ce dernier, ni ses dimensions politiques, ni la question aujourd’hui insoluble des déchets radioactifs. Il est cependant des sources qui, à l’instar des énergies renouvelables, semblent anodines ou presque. Pour autant, même l’éolien, même en faisant abstraction de l’abomination esthétique que représentent ces « machines à vent »*, s’avère redoutable pour la biodiversité – et pas seulement pour les grands rapaces** et les chiroptères. En fait, il est illusoire de rêver à des progrès techniques qui, demain, offriraient à l’humanité une énergie propre et disponible à profusion. On ne ferait là que déplacer le problème, tant il est vrai que de toute façon l’énergie que l’on produit, quelle que soit son origine, se traduit peu ou prou par une consommation d’eau, d’espace, de ressources naturelles et de biodiversité. La meilleure énergie est, à l’évidence, celle que l’on ne consomme pas.
Alors faut-il se résigner, en constatant que nous vivons selon un schéma de développement non durable, à la bougie et au char à bœufs ? Assurément non.
Non, mais il est temps, encore temps, de réfléchir sans tabou aux orientations économiques et sociétales de notre monde, orientations dont certaines sont servies par des intérêts si puissants et martelées avec tant de force médiatique qu’on finirait par les prendre pour des valeurs intangibles. Et en particulier la croissance, y compris démographique.
Il reste alors à espérer que la sagesse des nations, selon l’expression consacrée, les conduise à régler les problèmes auxquels nous confrontent la finitude du monde et l’insuffisance programmée d’énergie et de ressources au sens étendu, autrement que par la guerre.

Jean Untermaier
Président de la Société nationale de protection de la nature

*- Ainsi que le disait, en 2007, un rapport de l’Académie des Beaux-Arts.
**- Manuela de Lucas et autres, Birds and wind farms. Risk assessment and mitigation, Ed. Quercus, Madrid, 2007.

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