voir le n° précédent - voir le n° suivant

- Hydrocharis des grenouilles (H. morsus-ranae)
- Photo Elodie Seguin
Sommaire
Editorial
Echos-Actualité :
Plans nationaux d’action (tortue d’Hermann, iguane des petites Antilles)
Retour du bouquetin en Chartreuse
Energies renouvelables : pas au détriment de la biodiversité
Une libellule africaine en Midi-Pyrénées
Réserves naturelles : un congrès au Parlement européen
Mobilisation en Rhône-Alpes pour les zones humides
Projet Spipoll
Insectes en péril
Nature en ville
Fontainebleau : vers un parc national ?
Inventaire naturaliste de la forêt de Tronçais
Tarier des près menacé à Malbouhans
Pollution lumineuse : trop d’éclairage nuit
Les îles Chagos, plus grande réserve marine au monde
La Réunion : restauration écologique d’un chantier hydroélectrique
Marée noire aux Etats-Unis, une catastrophe majeure.
Vie de la SNPN
Inventaire des mares d’Ile-de-France. Bilan de l’appel à participation pour l’année 2009.
Assemblée Générale 2010.
Une espèce particulièrement menacée : La CITES par Pierre Pfeffer
lire l’introduction...
La 15ème conférence de la Convention sur le commerce international des espèces menacées de faune et de flore (CITES) s’est tenue du 15 au 23 mars dernier à Doha, au Qatar (voir Le Courrier de la Nature n°249, p.14), et s’est achevée sur des décisions tout aussi désastreuses, si c’était possible, que celles des précédentes ! A l’ordre du jour, outre le thon rouge qui fut à la une de tous les media au cours des semaines précédant la conférence, plusieurs espèces de requins, les coraux, l’ours blanc, un scarabée géant, un triton iranien et, bien entendu, l’éléphant d’Afrique qui demeure le thème le plus conflictuel de toutes les réunions de cette convention ! Parmi les espèces végétales, le bois de rose du Brésil et quatorze plantes de Madagascar.
Ile-de-France : l’application des plans nationaux d’action pour les espèces menacées est en marche par Romain Sordello
lire l’introduction...
En 1996, le ministère en charge de l’environnement créait les "plans de restauration", rebaptisés ensuite "plans nationaux d’action", c’est-à-dire des programmes pour préserver les espèces les plus menacées à l’échelle nationale. Dix ans plus tard, le Grenelle de l’environnement a officialisé le rôle majeur des ces plans qui, forts de plus de dix années d’efficacité, occupent désormais une place de choix dans l’éventail des différents outils de protection de la nature. A ce jour, ce ne sont, en effet, pas moins de 67 plans qui doivent être appliqués par les Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) ou, en Ile-de-France, par la Direction régionale et interdépartementale de l’énergie et de l’environnement (DRIEE). Concernée par treize de ces plans, l’Ile-de-France n’est effectivement pas en reste sur le sujet. Souvent présentée à tort comme pauvre en biodiversité, cette région renferme en réalité de nombreuses richesses, certes fragiles, mais qu’il est encore temps de préserver. Zoom sur la mise en marche en 2009 de "la machine plans d’action" dans la région capitale !
Modifications du peuplement herpétologique dans les Antilles françaises - 2ème partie par Michel Breuil, Fortuné Guiougou, Karl Questel & Béatrice Ibéné
lire l’introduction...
Dans la première partie de cet article, nous avons d’abord présenté les modifications du peuplement herpétologique liées à la destriction de l’habitat et aux prédateurs introduits et les espèces d’amphibiens allochtones. Dans cette seconde partie, nous abordons les reptiles allochtones et les modalités de colonisation des Antilles françaises par ces deux groupes d’espèces.
La nature sous l’oeil de... la SPHN
Agenda
Les rendez-vous nature de la SNPN
Bibliographie
Courrier des lecteurs - Lexique
Editorial
2010 Année de la Biodiversité
En cette année mondiale de la biodiversité et quelques dix-huit ans après l’adoption à Rio le 22 Mai 1992 de la Convention mondiale pour la préservation de la diversité biologique à la Conférence des Nations-Unies pour l’environnement et le développement, il peut paraître pertinent de faire un bilan sur l’état de la biodiversité globale ainsi qu’un examen sans complaisance des politiques publiques en ce domaine.
Hélas un examen rapide de l’état de la question conduit à des conclusions désastreuses tant à l’échelle globale qu’à celle de l’Union européenne et a fortiori de notre pays, aucune des quelques mesures prises n’a même simplement permis de ralentir l’extinction des espèces appartenant aux divers règnes vivants existant dans la biosphère.
En dépit de tentatives antérieures d’organismes onusiens tels le PNUE et l’UNESCO, ou encore de l’UICN, il fallut attendre 1992 et la conférence de Rio pour que fût proposée une Convention internationale spécifiquement dédiée à la « Diversité biologique » [1].
On peut aujourd’hui déplorer que tant à l’échelle mondiale qu’à celle de la République française, cette Convention n’ait jusqu’à présent reçu qu’un soutien insuffisant, très généralement dérisoire voire même inexistant des pouvoirs publics des pays impliqués. En conséquence, aucun ralentissement perceptible (à défaut d’un arrêt) de la vitesse d’extinction des espèces dues à l’Homme n’a pu être noté au cours des dix-huit dernières années. Une des causes majeure de disparition de la biodiversité est l’éradication des forêts tropicales au rythme moyen de 1 % par an [2]. La perte de ces forêts était estimée au début des années 2000 à environ 180 000 km2 par an, valeur considérable car elles renferment la plus grande part de la biodiversité terrestre. En conséquence, on estime que ce taux de déforestation des forêts tropicales a déjà fait disparaître plus d’un million d’espèces vivantes depuis 1980.
La situation n’est guère plus favorable voire encore pire pour la biodiversité océanique. Plus de 20 % de la surface de récifs coralliens du globe – le type d’écosystème océanique ayant la plus grande biodiversité mais aussi le plus menacé – ont déjà disparu, et si le rythme actuel de dégradation se maintient, 70 % des écosystèmes récifaux encore existants seraient détruits d’ici à 2060.
Un obstacle majeur, de nature socio-économique pour la préservation de la diversité biologique à l’heure actuelle, tient dans la pression permanente qu’exercent quelque sept milliards d’hommes sur les espèces vivantes tant continentales que marines. Un considérable commerce international, en grande partie illégal, se pratique au détriment d’innombrables espèces végétales et animales. A titre d’exemple, la consommation par les Chinois et les Japonais de poisson cru, transporté et vendu vivant [3], est devenue une cause indirecte de destruction des récifs coralliens dont les poissons sont pêchés au cyanure [4] pour alimenter les restaurants spécialisés avec en conséquence une mort massive des coraux exposés à cette substance très toxique.
Outre l’exploitation abusive d’espèces végétales et animales sauvages, les introductions d’espèces invasives jouent un rôle croissant dans les extinctions. Ces introductions prennent des proportions dramatiques dans certains archipels, les milieux insulaires étant remarquables par le fort endémisme de leur biodiversité [5].
Dernière menace souvent méconnue, faut-il rappeler que si le réchauffement climatique continue au rythme actuel, il provoquera la disparition d’au moins deux millions d’espèces vivantes d’ici 2060 [6] ?
Dans ce contexte général calamiteux, la situation de la France est loin d’être exemplaire ! Notre pays se classe, hélas, fort mal en Europe pour la préservation de la nature et de sa biodiversité, alors que, du fait des DOM-TOM, la France est responsable d’une part importante de la biodiversité planétaire [7] ? Il brille en particulier par la lenteur de la création, outre-mer, d’aires protégées de statut satisfaisant. Notre pays figure par ailleurs au dernier rang de l’Union européenne pour le pourcentage des surfaces du territoire métropolitain intégrées dans le programme Natura 2000.
Que dire alors de la Stratégie nationale de la biodiversité, lancée en grande pompe en 2004, mise en œuvre par le Conseil des ministres du 23 novembre 2005, mais dont le volet Outre-mer, pourtant capital, n’a été adopté que fin septembre 2006 ? Les actions afférentes n’ont visiblement pas jusqu’à présent donné lieu à de significatifs résultats. L’objet de cette Stratégie était pourtant d’enrayer le déclin de la biodiversité d’ici à 2010. Force est de constater que le rythme des pertes de biodiversité est resté sans changement… et que cet objectif ne sera en aucun cas atteint à la fin de cette année. Au-delà de la France, la même constatation est faite pour la majorité des Etats Membres l’Union européenne. La situation est généralement pire dans la plupart des autres pays du Monde…
Il est donc devenu évident que les représentants gouvernementaux lors de la conférence des Nations-Unies sur la Convention de la diversité biologique qui se tiendra au Japon du 18 au 29 Octobre 2010 ne pourront que reconnaître cet état de fait calamiteux.
François Ramade [8]
voir le n° précédent - voir le n° suivant