Activités socio-économiques

La pêche

L’activité halieutique sur le lac de Grand-Lieu est de caractère essentiellement professionnel et ceci depuis plusieurs siècles. Elle concernait jusqu’aux les années 1920, 120 pêcheurs qui adhéraient à une société coopérative créée en 1907 pour mieux structurer la pêcherie et servir de lien entre les « pêcheurs locataires » et le propriétaire du domaine… Aujourd’hui, cette activité ne concerne plus que six à sept pêcheurs professionnels, membres de la Société coopérative des pêcheurs du lac de Grand-Lieu (SCPLGL) détentrice du droit de pêche sur les 3500 ha de la zone centrale du lac, dont 2695 ha classés en Réserve naturelle nationale. Ce droit de pêche a été accordé suite à une clause spécifique que Jean-Pierre Guerlain a demandée au moment de la donation de la propriété à l’État afin de pérenniser cette activité.

Pêcheur sur le lac de Grand Lieu. Photo Patrice Boret

La pêche est encadrée par les textes réglementaires et le bail de pêche:

  • Le décret du 10.09.1980 portant création de la Réserve naturelle du lac de Grand-Lieu définit le nombre maximal des membres de la Société coopérative (huit actuellement)
  • L’arrêté préfectoral du 9 janvier 2004 décrit et quantifie les engins utilisables
  • Plusieurs clauses du dernier bail signé en novembre 2006 fixent les conditions de la pêche sur les terrains de l’État classés en réserve naturelle.

Les principales espèces de poisson pêchées sont l’Anguille (Anguilla anguilla) qui représente 75 % des captures, le Brochet (Esox lucius) et le Sandre (Stizostedion lucioperca). Le verveux et le filet droit maillant de type « araignée » sont les engins les plus utilisés par les pêcheurs.

La chasse

Avant le classement en Réserve naturelle, le lac de Grand-Lieu était l’un des plus importants territoires de chasse au gibier d’eau de France procurant par le passé une vraie ressource alimentaire pour la population locale. 80 % des captures étaient constituées de Canards colvert pour lequel ont été développés l’élevage et l’agrainage.
Après le classement des terrains en Réserve naturelle, la chasse a été réservée au donateur et à ses invités (4 fusils), et en 2000, cinq ans après la mort de Jean-Pierre Guerlain, la chasse a été arrêtée définitivement.
Une autre partie de la zone centrale du lac, 650 ha, est gérée depuis 1984 par la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique qui a engagé en 2006 une demande de classement en Réserve naturelle régionale (créée en décembre 2008). Sur ce territoire, la chasse est également interdite.

Aujourd’hui, la chasse est pratiquée sur la périphérie du lac constituée de petits plans d’eau creusés entre 1960 et 1980, appelés aussi le domaine des « petites chasses ». Les principales espèces tirées sont les canards colvert, souchet, siffleur et pilet, ainsi que la sarcelle d’hiver.

L’agriculture

L’écosystème lacustre de la réserve n’est pas directement concerné par l’agriculture mais il est affecté par les pratiques agricoles en place sur les 70000 ha du bassin versant de Grand-Lieu (Loire-Atlantique et Vendée). Depuis une cinquantaine d’années le lac subit une importante eutrophisation due à l’agriculture productiviste et aux rejets d’eaux domestiques insuffisamment traitées.

A proximité immédiate de la réserve, 1600 ha de prairies humides sont exploités par une cinquantaine d’agriculteurs, pratiquant la fauche et le pâturage. Ces techniques permettent le développement et le maintien d’une flore riche indispensable pour l’alimentation des anatidés et pour la reproduction des larolimicoles.
Environ 300 exploitations, principalement orientées vers l’élevage, sont recensées sur les communes riveraines du lac ; d’autres productions concernent la volaille, le maraîchage et la viticulture.

Si l’utilisation des eaux du lac est interdite par le décret de classement de la réserve, des prélèvements mineurs sont opérés entre mars et septembre à des fins d’irrigation des cultures. Leur impact négatif n’est sans doute pas lié à la quantité des eaux prélevées mais à leur usage par l’agriculture maraîchère de « plein champ » sur terrain drainé : cette pratique en forte expansion restitue dans le milieu naturel les eaux chargées en éléments minéraux et produits phytosanitaires. Il est important dans ce contexte de ne pas oublier la vocation première de Grand-Lieu qui est, au regard de sa biodiversité, la conservation des habitats et des espèces…

Tourisme et loisirs

Le statut de Réserve naturelle nationale interdit la circulation du public sur cet espace. De même, le classement du lac et de ses rives au titre de la loi de 1930 et de la loi Littoral, interdit toute construction.
Les structures d’accueil et de la découverte du lac (observatoires, sentiers pédestres, etc.) sont aménagées aujourd’hui au-delà de la zone de protection, exception faite du nouvel observatoire mobile de la Réserve naturelle régionale (site de la Grève).

A l’occasion du programme Life, la SNPN a ouvert à l’Étier (commune de Bouaye) la Maison de la Réserve – un centre d’accueil du public où elle organise régulièrement des animations et des visites guidées pour les groupes.

Le tourisme ne constitue pas actuellement une activité socio-économique problématique en termes de gestion et de protection de la RNN du lac de Grand-Lieu. Il conviendra de veiller à ce que les projets à venir continuent à respecter strictement l’intégrité du milieu naturel et à éviter les sources de dérangement liées au tourisme. A cet égard, le développement de la fréquentation, désormais massive, du site de Pierre-Aigüe, à Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, a permis de mettre en évidence l’impact d’un tourisme peu canalisé, en particulier sur l’avifaune nicheuse.
Le tourisme vert en plein développement est en soi un fait positif mais doit être encadré sur un site aussi sensible que Grand-Lieu.

Voir Découvrir le lac

Actes contrevenants et police de la nature

Sur le territoire de la réserve deux agents commissionnés et assermentés sont en poste appuyés ponctuellement dans leurs opérations de police de la nature par des agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) ou de l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA).