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Le Courrier de la Nature n°314 janv-fev 2019

8.00 

Les zones humides, plus que jamais d’actualité en 2019 !

Une des plus belles entrées naturelles de ville qui soit est celle qui, bordée par la réserve naturelle régionale du Ried de Sélestat, l’Illwald, offre 1 855 hectares de prairies inondables et de forêts alluviales modelés par les divagations du Rhin à la limite est/sud-est de l’agglomération alsacienne. C’est un bel exemple de partage intelligent entre urbanisme, agriculture, milieu naturel et biodiversité.

Après la reconversion de champs de maïs en prairies en 1989, leur instauration en réserve naturelle volontaire en 1993, puis en réserve naturelle régionale en 2013 grâce à l’action conjuguée de la municipalité et des acteurs locaux, cet espace offre à la nappe phréatique et au réseau hydrographique un magnifique champ d’expansion des crues en période hivernale. À ce paysage naturel d’exception où se complaisent, entre autres, le courlis cendré, le busard des roseaux et le castor, s’ajoute l’attraction de promenades et de découvertes de la nature.

Comme d’autres, cet exemple de restauration et de protection d’une zone humide dans un environnement urbain mériterait d’être largement transposé et généralisé, particulièrement en cette période de changement climatique dont la prise de conscience est planétaire.

C’est ce thème qui a été retenu par la convention de Ramsar pour célébrer la prochaine Journée mondiale des zones humides le 2 février 2019 : « Zones humides et changement climatique », dont le lancement aura pour cadre en France le lac de Grand-Lieu. L’objectif est de mettre l’accent sur le rôle vital que jouent ces milieux dans la régulation du climat (stockage de carbone), l’hydrologie (débits et crues) et la prévention d’événements naturels exceptionnels (inondations, sécheresse), dont le changement climatique devrait accroître la fréquence et l’intensité.

Ces différentes thématiques sont exposées régulièrement depuis janvier 1993 par la revue Zones Humides Infos, éditée par la SNPN, grâce aux contributions d’experts et de gestionnaires de terrain, qui alimentent en doctrine, articles et études diverses cette publication qui participe à une solide circulation de l’information et des connaissances.

De fait, la SNPN reste active et vigilante et a, par exemple, efficacement contribué à la récente mission parlementaire sur les zones humides. Gageons qu’un contexte institutionnel favorable permette le renforcement irréversible de la démarche de conservation et de restauration des zones humides indispensables au climat, à notre patrimoine et à la biodiversité.

Marie-Odile Guth, administratrice de la SNPN.


Dans les actualités :

Pour débuter par une bonne résolution, présentons celle de la convention de Ramsar, votée afin de préserver l’habitat des tortues marines, dont toutes les espèces sont en déclin. Le milieu marin dans son ensemble est négligé des études, car l’impact des sons d’origine anthropique sur la faune marine commence seulement à être scruté.
 
Dans d’autres domaines, les choses évoluent ; ainsi, la gestion des jardins patrimoniaux, entre nécessité d’accueil du public et respect de la biodiversité, a fait l’objet d’un colloque fourni.  
 
La jeune génération n’est pas en reste pour agir, avec l’exemple de Pegazh, association étudiante angevine qui s’implique en faveur des zones humides et d’autres aspects de la science.
 

Avec les sciences participatives, tous s’impliquent : ainsi, depuis 1900 aux Amériques, a lieu le comptage de Noël des oiseaux migrateurs. Une bien belle manière de finir l’année pour des naturalistes !


Vie de la SNPN


Dossier : Mutualisme La belle-de-nuit et le sphinx Par Gérard Guillot

Dans la nature, les innombrables espèces qui composent la biodiversité tissent entre elles un réseau complexe d’interactions. Au-delà des réseaux trophiques, bien connus, il existe d’autres relations, parfois à bénéfice réciproque, comme celles qui unissent des plantes à fleurs et des insectes pollinisateurs. Elles permettent aux premières d’assurer leur reproduction (production de graines) tandis que les seconds y trouvent une ressource alimentaire (pollen et/ou nectar). Ainsi, les onagres, fleurs connues à la campagne sous le surnom de belles-denuit, entretiennent une étroite relation avec de grands papillons, les sphinx, souvent méconnus du fait de leurs moeurs crépusculaires à nocturnes. Partons à la découverte des subtilités de cette interaction pleine de surprises, belle occasion de mieux comprendre comment les fleurs se reproduisent.


Dossier : Les Canaries Explosion de biodiversité sur des îles volcaniques Par Annick Schnitzler

Chacune des sept principales îles des Canaries est encore témoin des particularités culturelles qui découlent des différentes vagues de colonisation humaine qui s’y sont déroulées. L’histoire de la faune et de la flore de ce discret chapelet d’îles est tout aussi riche et diversifiée. Leur climat doux, la variété des milieux existants, et l’instabilité des conditions environnementales qui y président sont ainsi les gages d’une très forte diversité d’espèces.



Point de vue : Étangs et marais Méfions-nous de l’eau qui dort Par Jean-Michel Derex


L’art et la nature selon Pierre Laïly et Alphonse de Lamartine


A lire 


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