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Le Courrier de la Nature n°307 novembre-décembre 2017

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Faut-il disparaître pour être reconnu ?

L’origine de la vie n’intéresse pas que les biologistes. Les exobiologistes, peut-être plus proches des astrophysiciens que des écologues, s’y penchent également ! Si la vie est apparue ailleurs que sur Terre, cela ne fait que repousser le problème sans le modifier fondamentalement. C’est pour cela que l’on peut apprendre des informations passionnantes sur la vie terrestre à l’occasion d’un festival d’astronomie !

Depuis un peu plus de 3 milliards d’années1, cet extraordinaire phénomène que représente la vie s’est développé d’une manière exceptionnelle et apparemment unique sur Terre. Que l’on évoque un groupe étonnant et superbe de reptiles comme les caméléons ou un site spectaculaire comme la chaîne du Djurdjura, en Algérie, on ne peut qu’être sensible à cette
diversité, à ces couleurs, à ces reliefs. Inversement c’est aussi la fragilité de toutes ces formes de vie et de leurs habitats qui
interpelle. Les méthodes de protection, de compensation, de déplacements conservatoires restent trop souvent anecdotiques, pire, pourraient passer pour des prétextes permettant de détruire en toute bonne conscience.

Cette fragilité transparaît dans les travaux des paléontologues qui nous apprennent que plusieurs extinctions majeures ont
déjà modelé profondément la vie telle que nous la côtoyons aujourd’hui. Or une sixième extinction est en cours. Sa cause
est bien différente de celles des cinq précédentes : l’espèce humaine. Cela modifie-t-il pour autant nos comportements et
les actions « biodiverticides » associées et déjà bien identifiées ? Pas certain.

D’un côté nous admirons les peintures et gravures pariétales datées de la dernière glaciation en Europe. De l’autre, nous
nous interrogeons de plus en plus sur le rôle de nos ancêtres dans la disparition de la grande faune ainsi magnifiée mais probablement exterminée dans le même temps. Or le renne, nourriture de base des artistes en question, est, proportionnellement à sa présence estimée, rarement représenté, contrairement aux mammouths, rhinocéros laineux, bisons des steppes, lions des cavernes, qui devaient déjà être assez rares à l’époque. Pourrait-on considérer ces oeuvres anciennes comme les prémices de nos Listes rouges ? La rareté susciterait-elle l’intérêt depuis des millénaires et la disparition entraînerait-elle l’immortalité dans la mémoire collective ? Dans ce cas, il n’est pas certain que l’établissement et la mise à jour régulière des Listes rouges contemporaines sauvent grand monde.

François Moutou, vice-président de la SNPN, secrétaire du comité de rédaction


Courrier des lecteurs

Dans les actualités :

Le patrimoine écologique français s’effondre inexorablement… à moins de parvenir très rapidement à un changement des politiques mises en place. C’est pourquoi des associations, dont la SNPN, ont envoyé au ministre de la Transition écologique
et solidaire une liste de 19 propositions à mettre en oeuvre afin que la France puisse tenir ses engagements pour la biodiversité.
La LPO se demande comment concilier transition énergétique et préservation de l’avifaune avec une étude sur la mortalité des oiseaux due aux éoliennes.
On s’envolera encore plus haut avec un festival d’astronomie, qui montre qu’en levant la tête vers l’espace on s’intéresse tout de même à la seule planète vivable connue, la nôtre. Plus très vivable toutefois pour les coraux, comme la réunion du comité de l’Initiative française pour les récifs coralliens l’a évalué. En effet, nous sommes en train de provoquer une sixième extinction de masse, et les récentes publications scientifiques le corroborent.

 

Vie de la SNPN

– Que la fête démarre !
– Les réserves nationales gérées par la SNPN


Les caméléons, des lézards fasciants et menacés, par Ivan Ineich et Olivier Pauwels

Un corps fortement aplati latéralement, une queue et des pattes préhensiles, des yeux coniques et une langue exceptionnellement longue : leur morphologie particulière permet de les reconnaître au premier coup d’oeil. Pas besoin d’être naturaliste : les caméléons, ce sont ces drôles de lézards qui changent de couleur. Et pourtant… cette particularité, qui leur permet de se fondre dans leur milieu, les rend plus difficiles à étudier dans la nature et ce n’est
que récemment que l’on a commencé à s’intéresser à leur écologie. Parallèlement, leur aptitude à virer de coloration en a fait les objets d’un commerce menaçant cette importante famille de reptiles.

Le Parc national du Djurdjra : une biodiversité à mieux faire connaître, par Mouslim Bara et Amine Noual Khiter.

L’Algérie, de par sa grande superficie (2 741 381 km) jouit d’une large gamme de biotopes et de bioclimats, favorisant l’existence d’un ensemble d’écosystèmes et la différenciation d’un grand nombre d’espèces animales et végétales. Le nord de l’Algérie renferme plusieurs écosystèmes forestiers et un ensemble de zones humides qui entretiennent cette diversité.
En Kabylie, le Parc national du Djurdjura, situé entre la wilaya de Bouira et celle de Tizi-Ouzou, est un majestueux site naturel couvrant 18 550 ha, riche d’une grande variété de paysages et d’espèces, certaines endémiques de la région du Djurdjura, d’autres endémiques de l’Afrique du Nord.

Ces espèces endémiques jouent un rôle primordial dans le maintien des fonctionnalités des écosystèmes, et représentent aussi un centre d’intérêt culturel, touristique et écologique pour les populations locales. Malheureusement, la richesse écologique du Parc est menacée, confrontée à plusieurs transformations de son territoire causées notamment par le surpâturage, les feux de forêt et un urbanisme mal maîtrisé qui dégradent les milieux de jour en jour.

Point de Vue
Eviter-réduire-compenser par Jean-Marc Thirion et Olivier Swift

La nature dans l’œuvre de … Laure Devenelle


Bibliographie


Rendez-vous nature de la SNPN

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