Notre histoire

Une société d’acclimatation

Isidore Geoffroy Saint Hilaire (1805 – 1861). Domaine public

La Société impériale zoologique d’acclimatation a été fondée en 1854 par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, titulaire de la chaire de zoologie des mammifères et des oiseaux. Elle se proposait alors de concourir à l’introduction, à l’acclimatation et à la domestication des espèces d’animaux utiles ou d’ornement, au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites ou domestiquées et se donnait pour seul objectif de

« … peupler nos champs, nos forêts, nos rivières, d’hôtes nouveaux ; d’augmenter le nombre de nos animaux domestiques, cette richesse première du cultivateur ; d’accroître et de varier les ressources alimentaires, si insuffisantes, dont nous disposons aujourd’hui ; de créer d’autres produits économiques ou industriels ; et, par là même, de doter notre agriculture, si longtemps languissante, notre industrie, notre commerce et la société tout entière de biens jusqu’à présent inconnus ou négligés, non moins précieux un jour que ceux dont les générations antérieures nous ont légué le bienfait » (Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Bull. SZA, 20 janvier 1854).

Aux yeux de l’homme du XIXe siècle, la nature constituait un capital inépuisable dont il était nécessaire de mettre en œuvre les ressources.

Serres Jardin d'acclimatation

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire fait découvrir la grande serre à l’impératrice Eugénie et au prince impérial, en février 1861. Gravure de A.Jacob, « Le Monde Illustré ».

Ainsi durant ses premières années d’existence, la Société chercha à introduire le yack ou la chèvre angora dans les élevages français, à améliorer l’élevage du ver à soie, à populariser la consommation de la viande de cheval, du riz, de l’igname,… avec un succès des plus mitigé. Pour cela il lui fallait un lieu pour recevoir les animaux et les plantes amenés de l’étranger et que l’on se proposait d’acclimater; des soins pour les conserver; un laboratoire pour les expérimentations… Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, après avoir dirigé la Ménagerie zoologique du Muséum, avait reconnu la nécessité de former un Jardin zoologique d’acclimatation. Forte du soutien de l’empereur Napoléon III et des élites de l’époque, la Société impériale zoologique inaugura en 1860 le Jardin d’acclimatation du Bois de Boulogne.

Le constat précoce de la destruction de la nature par l’homme

Mais, dès l’origine, cette société savante s’inquiète également des destructions causées par l’homme. De plus, les préoccupations qui avaient présidé à sa fondation, sous l’influence même des naturalistes, savants et amateurs, qui l’animaient, se sont modifiées en même temps que progressait la connaissance de la nature et que la civilisation industrielle et technique étendait son emprise. Les naturalistes constatent en effet que le « progrès » met à mal de nombreuses espèces sauvages et en conduit certaines jusqu’à l’extinction tout en faisant peser sur les ressources naturelles le risque de la surexploitation. Ainsi de plus en plus de voix s’élèvent pour demander la protection des animaux dits « utiles » (et notamment des oiseaux insectivores), l’arrêt de la destruction des forêts (y compris dans les colonies), une exploitation des ressources plus mesurée et rationnelle (pêche, chasse, bois, mines,…), la fin de la notion de « nuisible ».

Des combats pionniers

Progressivement, sous l’influence notamment de figures marquantes, la Société d’acclimatation délaisse puis abandonne son projet initial pour se consacrer à la cause de la protection de la nature qu’elle envisage d’un point de vue scientifique. Les combats et les réalisations sont nombreux (voir « La SNPN en dates ») :

  • élaboration de la Convention internationale pour la protection des oiseaux utiles à l’agriculture (1902),
  • protection du castor du Rhône (1909),
  • fondation de la LPO et de la réserve des Sept-Îles (1912),
  • création des réserves de Camargue (1927), de Néouvielle (1935), du Lauzanier (1936),
  • organisation des deux premiers Congrès internationaux de protection de la nature (1923, 1931),
  • lutte contre le commerce des plumes d’oiseaux,
  • repeuplement des cours d’eaux français en poissons, aménagement des barrages et autres seuils pour permettre leur franchissement par les migrateurs,
  • sauvegarde de l’éléphant d’Afrique et plus largement de la grande faune,
  • soutien aux projets de parcs nationaux,…

Vers la SNPN

Forte de cet héritage qui en fait la mère de la protection de la nature en France, la Société d’acclimatation décide en 1960 de changer son nom en Société nationale de protection de la nature et, tout au long du XXe et du XXIe siècles,  elle poursuit son action avec constance :

  • soutien à la création des parcs nationaux à qui elle confie la gestion des ses réserves du Lauzanier (Parc du Mercantour) et du Néouvielle (Parc des Pyrénées) ;
  • première campagne publique pour la protection de la nature (1961)
  • campagne Vanoise (1969-1971) ;
  • gestion et défense de la réserve de Camargue ;
  • gestion de la réserve de Grand-Lieu depuis 1985 ;
  • opération « Message à la mer »
  • campagne pour le droit de gîte (1977)
  • participation à la fondation et aux travaux de l’UICN ;
  • initiatrice de la Fédération française des sociétés de protection de la nature (FFSPN, 1968) devenue France Nature Environnement ;
  • campagne « Amnistie pour les éléphants »

Pour en savoir plus sur l’histoire de la  SNPN :

Éditeur : Presses Universitaires de Rennes (PUR)
Collection : Histoire
Format : 24 x 15,5 cm
Pagination : 434 pages ; broché
Prix : 23 €
ISBN : 978-2-7535-3575-6
EAN : 9782753535756

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