La réserve se met en route...
L’idée de la création d’une réserve nationale dans la Plaine des Maures a été formulée en 1991 par le Comité permanent de la Convention de Berne sous forme d’une recommandation (n°26) : « le Comité permanent de la Convention (...) recommande que le gouvernement de la France : protège, en faisant une réserve naturelle, l’habitat de Testudo hermanni hermanni dans le massif et la plaine des Maures, qui serait ainsi définitivement préservé des dangers liés à des opérations d’aménagements ». Elle a ensuite été soutenue par le ministre de l’Environnement Brice Lalonde, en 1992, mais ce n’est qu’en 1998, lors de la mise en place du projet d’intérêt général (PIG), que le projet de réserve a été véritablement lancé. Permettant, à court terme, une prise en compte rapide de la protection des écosystèmes dans les plans d’occupation des sols, le PIG a proposé des mesures plus pérennes de protection pour la faune, la flore et les paysages. Leurs périmètres ont été définies ainsi : site Natura 2000 sur 6226 ha, extension de la ZPS de 879 ha à 4537 ha, réserve naturelle sur 4104 ha, arrêté de biotope pour un territoire hors périmètre Natura 2000, site inscrit sur la totalité du PIG (soit 17290 ha), sept sites classés pour une surface de près de 700 ha.
Le Comité de pilotage commun au Natura 2000, à la ZPS, à la réserve naturelle, aux sites loi 1930 et à l’arrêté de biotope, a été institué en 2001, et il a été décidé que ces mesures de protection s’articuleraient autour de la mise en œuvre de Natura 2000. En effet, le projet de réserve, par son statut et ses objectifs, apparaît très proche et complémentaire à la démarche Natura 2000. Le service départemental de l’Office national des forêts (ONF) fut désigné l’opérateur local chargé de la conduite de l’ensemble des travaux : groupes de travail, compléments d’inventaires, constitution des documents, etc.
En 2001 également, le projet de réserve naturelle de la plaine des Maures a été présenté au Conseil national de protection de la nature (CNPN), qui s’est prononcé « unanimement favorable » et a nommé M. Benest comme rapporteur scientifique du dossier.
Bien que la finalisation du projet de décret de réserve ainsi que l’enquête publique furent annoncées pour 2003, le dossier de réserve a accumulé du retard, du fait que le projet devait attendre la fin des travaux de Natura 2000. Pour l’ONF la démarche de Natura 2000, basée sur la concertation et le volontariat semblait peu conciliable avec une approche plus réglementaire de Réserve naturelle, et il a décidé de différer la mise en place du projet de réserve. En 2005, le dossier du projet de réserve fût confié à la DIREN PACA (intégrée à la DRIRE) qui a engagé l’année suivante, avec le cabinet Biotope, les travaux sur le règlement et le périmètre de la future réserve.
Ces travaux ont permis, entre autres, une révision à la hausse du périmètre de la réserve, passant de 4041 ha à 5219 ha et incluant désormais le bois de Balançan à l’ouest, certains secteurs de la commune de Vidauban au nord et des territoires au sud adossant ainsi la réserve au massif des Maures.
C’est sur la base de ces documents que s’est déroulée récemment l’enquête publique, les dossiers complets ayant été présentés dans les cinq mairies des communes concernées par le projet de réserve : La Garde Freinet, Le Luc, Cannet-des-Maures, Les Mayons, Vidauban.
L’action de la SNPN
Faisant partie, à côté d’autres associations, du Comité du pilotage du PIG la SNPN a activement participé à l’élaboration du projet de réserve et c’est par sa voix, que ce projet trouvait une large résonance auprès de la Convention de Berne.
La lenteur de la mise en place de la réserve, comme bien d’autres mesures de protection, ainsi que le manque de rigueur de l’Etat ont été souvent évoqués lors des sessions du Comité permanent de la convention. Ces dernières années l’accent particulier a été mis sur l’insuffisance du périmètre de la réserve pour la protection des habitats de la tortue d’Hermann : pas plus 50 % des noyaux de population les plus riches sont inclus dans ce dispositif et de nombreuses populations isolées restent sans protection (en particulier le secteur du golf de Bouis et la commune de Gonfaron). Pour être efficace la réserve doit être polynucléaire, incluant non seulement le centre de la Plaine des Maures mais aussi l’archipel des sites à tortues tout en maintenant la connexion entre différent noyaux de population.
L’action de la SNPN auprès de la Convention de Berne a été appuyée par de multiples démarches auprès du ministère de l’environnement et du développement durable, du CNPN et de la DIREN.
Une des dernières interventions de la SNPN, en octobre 2006, a porté sur une révision du périmètre de la réserve pour qu’y soient inclus les terrains partiellement aménagés du golf de Bouis. Comme le montre l’évolution récente du dossier sur le plan juridique, dans laquelle la SNPN a été directement impliquée, les infrastructures illicites réalisées dans le cadre du projet du golf à Bouis ne pourront plus être régularisées. Il est donc nécessaire de profiter de la mise en place de la réserve pour offrir à l’ensemble du site une protection durable. A l’heure actuelle le golf du bois de Bouis ne fait pas partie de réserve naturelle, mais des changements ultérieurs sur ce point ne sont pas exclus...
Un dernier mot...
Dans le cadre de l’enquête publique, qui a eu lieu du 26 février au 20 mars 2007, notre association a adressé à ses adhérents et sympathisants des documents présentant de façon succincte le projet de réserve.
Vous êtes nombreux à avoir répondu à notre appel à participation à l’enquête. Votre soutien et votre mobilisation ont porté leurs fruits puisque la réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures (Var) vient d’être créée par le décret 2009-754 du 23 juin 2009 (publié au Journal officiel du 24 juin 2009). Sa superficie totale est de 5 276 ha se répartissant sur les communes de La Garde-Freinet, du Cannet-des-Maures, du Luc-en-Provence, des Mayons et de Vidauban.
Merci à toutes et à tous.
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